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POLITIQUE | |
| Conflits sociaux |
Les manifestants de la place Tahrir reprennent le chemin de leur domicile après leur victoire de vendredi. Mais les revendications sociales ne s'épuisent pas. Un peu partout en Égypte des grévistes demandent une amélioration de leurs conditions de travail.
Vendredi, la victoire a été éclatante. L’annonce de la démission d’Hosni Moubarak, tant attendue par les manifestants de la place Tahrir, a été accueillie dans un éclat de joie. Dès le lendemain, les télévisions du monde entier (ainsi que la population sur place) s’amusaient de voir ces jeunes Cairotes, chiffons et balais à la main, nettoyer la place et les rues de la capitale égyptienne.
Pendant ce temps, l’armée a pris officiellement les commandes du pays, invité au calme et lancé la transition. Le conseil suprême des forces armées « appelle les citoyens et les syndicats professionnels et ouvriers à assumer leur rôle de la meilleure manière, chacun à sa place, avec notre considération pour ce que vous avez enduré pendant de longues périodes ».
L'armée explique son appel par la nécessité de « réaliser la sécurité et la stabilité du pays et des citoyens et pour garantir que la production continue dans tous les organismes de l'État », dans un communiqué lu par un militaire à la télévision. « Nous espérons que tout le monde préparera le climat favorable à la gestion des affaires du pays en cette période délicate jusqu'à ce qu'elles soient remises au pouvoir civil légitime et élu par le peuple », a poursuivi le conseil.
Lundi, le chef du Centre des services pour les syndicats et les ouvriers (CTWS), Kamal Abbas, a affirmé à l'AFP que les manifestations antigouvernementales avaient mené à une multiplication de mouvements sociaux à travers l'Égypte. Des employés des secteurs des transports, la banque, le pétrole, le textile et même des médias officiels et certains organismes du secteur public sont en grève pour demander une augmentation salariale et de meilleures conditions de travail, selon le responsable de cette organisation indépendante.
Même les policiers ont manifesté les 13 et 14 février pour réclamer de meilleurs conditions de travail. Ils se sont fait huer par les derniers manifestants de la place Tahrir, qu'ils avaient délogés (avec l'armée) peu avant.
(Avec AFP)