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Le Sénat nigérian a avancé la date des prochaines élections générales au mois de janvier 2011. Une manière de rappeller la règle tacite de l'alternance entre présidents du Nord et du Sud, que le président par intérim, Jonathan Goodluck, pourrait bien enterrer en étant élu.
La Chambre des représentants du Nigeria aura bientôt à statuer sur la décision prise par le Sénat le 21 juillet de modifier la constitution afin d'avancer les élections générales au mois de janvier 2011, au lieu du mois d'avril initialement prévu.
La décision des sénateurs tient à plusieurs raisons. Certains pensent préférable que les élections aient lieu entre 150 et 120 jours avant la fin du mandat plutôt que 30 à 60 jours comme c'est actuellement prévu dans la constitution. Une manière de laisser le temps à la justice d'examiner les éventuels recours électoraux.
Les sénateurs se préparent d'autant plus à cette éventualité que le Parti démocratique du peuple (PDP) de Goodluck Jonathan est traversé par des tensions, opposant les partisans de Goodluck Jonathan à ceux de la règle interne au parti, et tacite, de l'alternance tous les 8 ans (un double mandat) entre candidats du Nord musulman et du Sud chrétien.
Or, le décès en mai 2010 du président en exercice Umaru Yar' Adua, originaire du Nord du pays, bouleverse cet équilibre. L'homme, qui avait succédé à Olusegun Obasanjo, originaire du Sud, a en effet laissé sa place à un autre originaire du Sud, Goodluck Jonathan, sans avoir accompli ses deux mandats. Or, selon la règle interne au parti, c'est un candidat du Nord qui aurait dû succéder à Umaru Yar' Adua.
Sa candidature aux prochaines élections ne fait donc guère l'unanimité au sein du parti, malgré le soutien qu'il reçoit de la part de nombreux électeurs chrétiens. Pour le moment, Goodluck Jonathan s'abstient de dire s'il se présentera ou non. Il a cependant promis à son peuple, le 20 juin dernier lors d'une allocution à la télévision nationale, qu'il souhaitait la tenue d'élections libres, transparentes et crédibles.
Ces élections devraient donc avoir lieu entre le 8 et le 15 janvier prochain, selon Attahiru Jega, président de la Commission électorale nationale indépendante (INEC), même si celui-ci est conscient du manque de temps que ce changement implique pour mettre à jour les listes électorales.
Plus d'une cinquantaine de partis seront en lice, dont peut-être celui du prix Nobel de littérature, Wole Soyinka, connu pour sa lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance. Celui-ci a récemment annoncé son désir de se lancer en politique et de créer un parti progressiste.
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