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Émeutes à Maputo, 10 morts

 
Avec seulement 30 % de son blé produit sur place, le Mozambique est largement dépendant des importations sud-africaines et donc, des prix pratiqués dans ce pays.
Le prix du pain a augmenté de 25 % cette année au Mozambique, une hausse que ne peuvent supporter les Mozambicains dont la plupart vit sous le seuil de pauvreté. Photo : afronie

Le calme semble être retombé cette nuit à Maputo, alors que les émeutes durent depuis trois jours. Ces émeutes se sont déclenchées suite à une manifestation contre la vie chère qui a dégénéré le 1er septembre. Après intervention des forces de police, le bilan s’élève le 4 septembre à 10 morts et 400 blessés.

Mercredi 1er septembre, des milliers de Mozambicains sont descendus dans la rue pour crier famine et appeler à la démission du chef de l’État, Armando Guebuza.

En effet, depuis quelques mois, les prix ne cessent d’augmenter : hausse de 25 % du prix du pain, carburant en augmentation de 8 % début août, 13 % pour l’électricité et l’eau.

Cela s’explique notamment par la dépendance du Mozambique aux importations en provenance d’Afrique du Sud, pays dont la monnaie s’est renforcée.

L’augmentation du rand a donc entraîné la dépréciation du metical (monnaie mozambicaine), faisant dans le même temps augmenter de nombreux produits.

Les Mozambicains, dont 90 % doivent vivre avec moins de € 2 par jour, se retrouvent ainsi à devoir payer, par exemple, € 40 pour un sac de 25 kg de riz. Une situation intenable pour la population qui avait déjà manifesté pour des raisons semblables en 2008.

A l’époque, les émeutes n’avaient fait « que » six morts. Cette fois-ci, deux enfants ont été tués à la sortie de l’école, mettant les manifestants encore plus en colère.

Certains appellent à la poursuite, dans les jours à venir, de la manifestation, malgré l’allocution radio-télévisée post-émeutes du président qui, selon l’AFP, a assuré que son gouvernement ferait de son mieux pour baisser les prix et pour rappeler que seulement 30 % du blé nécessaire au pays étaient produit par l’État, le reste étant importé.


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