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Émeutes au Mozambique : causes et conséquences

 
Barrage de Cahora Bassa
L'électricité produite à Cahora Bassa (Mozambique) est acheminée par la compagnie sud-africaine Eskom, ce qui en augmente le coût pour les Mozambicains. Photo : Eskom

Les « émeutes de la faim » qui ont fait, à ce jour, 13 morts, sont symboliques de plusieurs maux : la dépendance du pays aux importations, le recul de l’agriculture vivrière au profit de projets agricoles de grande ampleur, et le manque de contrôle du gouvernement sur ses terres.

 

Le gouvernement vient de réviser le bilan des trois jours d’émeutes à 13 morts, précisant que deux cadavres supplémentaires ont été découverts et qu’un blessé est décédé à l’hôpital. Cent-quarante-huit personnes ont été arrêtées, dont 142 pour des dégradations de biens publics et des violences, alors que les 6 autres sont soupçonnées d’avoir encouragé les émeutes en faisant circuler des messages par SMS sur les téléphones portables. Des SMS comme celui-ci, rapporté par l’AFP : « Mozambicain : prépare-toi pour le grand jour de grève. Manifeste contre la hausse des prix de l'électricité, de l'eau, des transports et du pain. Fais suivre ce message. »

Les émeutes au Mozambique ont causé des pertes estimées à 15 millions de meticais (€ 320 000) à la compagnie nationale d’électricité EDM et aux distributeurs de carburants (dont des stations-service ont été incendiées ou vandalisées), selon le ministre de l’énergie Salvador Namburete, qui s’est exprimé sur la chaîne indépendante STV.

Comment en est-on arrivés là ?

Outre l’augmentation du prix du pain liée à la hausse des cours mondiaux du blé et à une production locale insuffisante, les Mozambicains se plaignent de l’augmentation des tarifs électriques par EDM, qui a présenté cette hausse comme le seul moyen de financer un investissement estimé à 3,5 milliards de meticais dans l’électrification rurale.

Outre cet effort, EDM doit financer l’acheminement électrique entre la province de Tete et Maputo. Cette énergie, qui vient pourtant du barrage sous le lac artificiel de Cahora Bassa au Mozambique, transite actuellement par les lignes de la compagnie sud-africaine Eskom, pour lesquelles EDM doit payer des royalties. « Cahora Bassa ne nous appartiendra vraiment que lorsque nous aurons fait cet investissement de $ 1,8 milliard dans la ligne Tete-Maputo », a précisé le ministre.

Les agrocarburants sont une autre piste poursuivie par le gouvernement du Mozambique, où les plantations de jatropha sont développées de manière intensive depuis 2006-07.

Mais il faut rappeler qu’en 2007, le pays a alloué un septième de ses surfaces agricoles, soit 5 millions d’hectares, à la location à des investisseurs étrangers, grignotant de fait la part allouée aux cultures vivrières. Que les demandes d'investisseurs s'élèvent au double des terres arables disponibles, et qu’une partie des graines de jatropha produites au Mozambique seront exportées sans autre transformation pour alimenter des usines du Nord, comme celle de Bad Zurzach en Suisse.


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