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AGRI & AGROALIMENTAIRE | |
| Tabac |
En 2010, le Zimbabwe a produit 122 000 tonnes de tabac, soit plus du double des 56 000 tonnes récoltées en 2009. La filière semble enfin se réorganiser, après une réforme agraire aux effets désastreux pour une culture qui est longtemps restée la première pourvoyeuse de devises du pays.
De 56 000 tonnes en 2009, la récolte de tabac, qui s’achevait ce 3 septembre, est passée à 122 000 tonnes cette année, au-delà des prévisions (114 000 t). Et les producteurs ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin: Rodney Ambrose, patron de l’Association du tabac du Zimbabwe, a confié à l’AFP qu’il espère une récolte encore plus importante pour l’an prochain si les conditions climatiques continuent à s’y prêter.
Selon les autorités zimbabwéennes, cette hausse serait attribuable à l’installation de 51 000 petits exploitants dans le cadre de la réforme agraire lancée il y a dix ans par Robert Mugabe, le chef de l’État. Cette réforme avait pour but de corriger les inégalités de l’époque coloniale en redistribuant aux noirs les fermes exploitées par des blancs qui furent au final 4 000 à quitter le pays. Seulement 130 fermiers blancs environ sont restés, selon l'Association du tabac du Zimbabwe. « Presque 50 % (des fermiers réinstallés) cultivent désormais du tabac en raison du niveau intéressant des cours », explique Kudzai Hamadziripi, porte-parole de l'industrie du tabac du Zimbabwe.
Mais cette hausse s’explique également par la hausse des financements des négociants, qui ont mis en place des mesures incitatives, dont la fourniture de fertilisants et de graines dans le cadre de contrats qui lient l’exploitant au négociant pour la vente de sa production.
Il y a dix ans, la récolte avait atteint un niveau record, avec 236 000 tonnes de tabac produites en 2000, mais la production s’était vue désorganisée par la réforme. Cette hausse est donc un bon signe de reprise de la production.
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