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AGRI & AGROALIMENTAIRE | |
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Le Brésil a entamé une série de projets de coopération agricole avec l'Afrique, entre autre dans le domaine de la recherche. Entretien avec Claudio Bragantini, directeur Afrique de l’Embrapa.
MTM : le bureau ouvert par Embrapa au Ghana en 2006 est le premier à avoir été ouvert à l’extérieur, c’est un choix stratégique ?
Claudio Bragantini : Le président Luiz Inacio Lula da Silva veut promouvoir une « révolution verte » en Afrique afin de relancer la productivité agricole et améliorer la sécurité alimentaire. Notre savoir-faire est adapté aux sols et aux climats africains. C’est Embrapa qui a fait du Brésil une puissance agricole mondiale, et nous pensons pouvoir reproduire dans la savane africaine la révolution technologique réalisée dans le cerrado brésilien.
Il ne suffit pas d’envoyer des fonds en Afrique. Notre objectif est de favoriser l'agriculture familiale, la création d'emplois et de revenus. Ce continent a besoin d’un transfert de technologies, d’un partage de connaissances scientifiques et d’une recherche propre. Nous avons choisi le Ghana pour des raisons de stabilité politique et de potentiel économique, mais le bureau a une vocation régionale : exporter le progrès.
Comment le progrès s’exporte-t-il ?
C.B. : Le bureau, constitué de trois chercheurs, apporte une assistance technique, organise des ateliers de formation et cherche des opportunités pour l’industrie agroalimentaire brésilienne.
Nous travaillons avec les institutions internationales et l’Agence brésilienne de coopération pour les financements. Nous faisons également un important travail de formation auprès des agents gouvernementaux sur la santé animale, les techniques de micro-irrigation…. Et nous développons les liens commerciaux entre les entreprises brésiliennes et les différents acteurs africains : gouvernements, entreprises et agriculteurs.
Embrapa développe des techniques et des produits susceptibles d’améliorer les rendements des cultures africaines, comme par exemple l’agriculture de riz pluvial au Sénégal, en Guinée et au Mali avec des variétés brésiliennes de bonne qualité et résistantes. L’accent est mis sur des produits importants pour l’alimentation et les revenus des agriculteurs comme le coton, les biocombustibles, le manioc et la noix de cajou, qui est très demandée par les pays occidentaux et depuis peu par la Chine.
Quels sont les projets en cours ?
C.B. : Au Brésil, 70 % du soja est produit en semis direct. Nous tentons de répandre cette technique qui est adaptée aux climats tropicaux : la graine est introduite sans que le sol ait été labouré, ce qui évite une perte de matière organique et réduit les coûts.
Nous travaillons également à une plateforme virtuelle où les acteurs publics et privés, brésiliens et africains, pourront échanger leurs expériences. Résultats des recherches des universités et des laboratoires, questions d’agriculteurs, produits d’entreprises, le contact sera direct, ce qui va encourager les partenariats et les liens commerciaux. En théorie nous sommes prêts, nous attendons la conception technique pour lancer ce nouvel outil de coopération Sud-Sud.
(1) Institut brésilien de recherche agro-alimentaire qui emploie près de 9 000 personnes - dont 2 300 chercheurs - réparties dans 38 centres de recherches, est l’un des instruments de coopération Sud-Sud au service de la « révolution verte » en Afrique promue par Lula.