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Innover dans la gestion de l’eau des villes

 

À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, le 22 mars, la FAO souligne la nécessité de garantir l’approvisionnement en eau des populations urbaines.

Les populations des villes ne cessent de gonfler sous l’effet de la démographie et de l’exode rural. Les besoins en eau aussi. « Au cours des vingt prochaines années, 60 % de la population mondiale vivra dans les villes, et l'essentiel de l'expansion urbaine aura lieu dans le monde en développement. L'accès à une alimentation nutritive et abordable aux plus pauvres est en train de se dessiner comme un véritable enjeu », souligne Alexander Mueller, sous-directeur général de la FAO pour les ressources naturelles.

Outre les besoins en eau pour boire, se laver et cuisiner, il faudra aussi faire face à une augmentation de la demande en eau pour l’agriculture péri-urbaine et l’agro-industrie.

Pour faire répondre à ces différents besoins, des scénarios non conventionnels pour créer des villes plus résilientes, ajoute M. Mueller, qui cite la collecte de l'eau de pluie dans les villes notamment pour l'agriculture urbaine.

Petits potagers

Dans les villes, les plus pauvres ont de plus en plus recours à des potagers urbains ou à des basses-cours pour arrondir leurs fins de mois et nourrir leurs familles. L’enjeu est de développer une agriculture urbaine et périurbaine de façon sûre et durable. « À l'heure actuelle, les agriculteurs et les villes se disputent l'eau. Les villes utilisent l'eau avant de la rejeter en polluant l'environnement. Il serait beaucoup plus logique de traiter et de réutiliser l'eau des villes dans l'agriculture », selon Javier Mateo-Sagasta, spécialiste à la division des eaux de la FAO.

« Cela permettrait ainsi de remédier aux pénuries d'eau et de libérer la précieuse ressource pour les producteurs vivriers urbains et périurbains, qui non seulement économiseraient sur leurs achats d'eau mais aussi d'engrais, étant donné que les eaux usées traitées sont riches en nutriments », commente la FAO. Certaines villes sont déjà en train d'effectuer ce changement de cap. En Tunisie, où les infrastructures de traitement de l'eau sont bien établies, 30 à 43 % des eaux usées purifiées servent à l'irrigation des cultures et des sites naturels. À Dakar, un projet similaire est mené par la FAO.


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