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Chambre de commerce du Gabon: on repart de zéro

 

Après une très longue période de carence de son activité, la Chambre  de commerce du Gabon se réforme en profondeur. Désormais confiée au seul secteur privé, elle a remis ses compteurs à zéro et entend bien répondre à sa vocation première : servir d’interface entre le secteur privé  et l’État et ainsi mieux défendre les intérêts des entrepreneurs. En pleine phase de reconquête des adhérents, c’est en tout cas le message que veulent faire passer ses équipes.

La Chambre de commerce, d’agriculture, d’industrie et des mines du Gabon (CdC), vient de subir un sérieux lifting. Coquille vide pendant de longues années, elle a finalement été concédée en mars 2010 au secteur privé, selon les vœux du président Ali Bongo qui a également décidé de lui transférer les compétences de l’Agence de promotion des investissements privés (Apip).

Conscient de l’ampleur de la tâche qui attend son équipe (une vingtaine de salariés) pendant les 4 années de mandat qui lui ont été octroyées, son nouveau président, Jean Baptiste Bikalou, également directeur général de Pétrogabon, parle sans détour d’un travail de « réhabilitation du patrimoine existant ».

L’objectif est bien évidemment de retrouver la confiance des opérateurs qui, au fil des années, se sont massivement détournés d’une institution qui ne leur procurait, au mieux, aucun avantage. Il faut dire que l’ancien système de nomination - et non d’élection comme c’est désormais la règle - des présidents ne faisait rien pour arranger les choses.

L’« avocat » des entrepreneurs

Pour l’heure, la campagne d’adhésion qui a débuté en octobre dernier commence à porter ses fruits et près de 800 inscriptions ont déjà été récoltées. La représentante de la Chambre, Claire Dominique Mandza, qui souhaite « ramener un maximum d’opérateurs » dans le giron autrefois déserté de la CdC entend les convaincre grâce à des arguments auxquels ils devraient être sensibles : « Nous sommes là pour défendre les intérêts des opérateurs économiques en dénonçant par exemple les difficultés auxquelles ils sont confrontés quotidiennement. Le président de la Chambre, qui est également le président de la commission des PME, a pour vocation d’être leur avocat. »

Sectoriser pour être au plus près des chefs d’entreprise

Alors que les délégations provinciales sont également en train d’être réactivées, une répartition par secteur d’activité a été décidée avec 6 vice-présidents pour 6 grands secteurs : le commerce, l’industrie et les mines, l’agriculture et l’élevage, l’artisanat et les métiers, les services et enfin les eaux et forêts. Après avoir renoué le dialogue avec les entrepreneurs, l’objectif est de potentialiser leur activité et d’appuyer leurs démarches grâce à des mesures d’accompagnement qui viendront combler le vide qui existe actuellement entre la plupart des PME et le secteur financier.

Un projet de garantie des prêts

C. D. Mandza l’affirme : « Nous allons nous rapprocher des banques qui pratiquent des taux de crédit qui sont encore trop prohibitifs pour les petits entrepreneurs qui démarrent ou qui veulent développer leur activité et tenter d’infléchir quelque peu cette tendance. Souvent il manque juste un petit peu, FCFA 1 million ou 2, pour qu’un projet démarre. Notre idée est que nous pourrions alors servir de caution et débrouiller bien des situations compromises ».


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