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L’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) a mis fin le 04 avril au soir à la grève déclenchée le 1er avril après avoir obtenu satisfaction sur ses revendications concernant l’excès de recours à la main d’œuvre étrangère.
Aux mêmes causes les mêmes effets. Quasiment un an jour pour jour après la grève qui avait paralysé la quasi-totalité de la production pétrolière gabonaise, ce sont les mêmes revendications qui ont poussé les employés du secteur pétrolier à cesser leur activité le 1er avril dernier. Lancée par l’Onep qui regroupe 4 000 des 5 000 salariés du secteur, la grève avait donc pour objectif d’obliger le gouvernement à appliquer de manière plus stricte la réglementation sur la main d'œuvre étrangère.
Les grévistes entendaient ainsi lutter contre l'emploi de hauts cadres expatriés et contre le recours à une main d'œuvre africaine ou asiatique dont une partie est en situation irrégulière. Après 4 jours d’intenses négociations, le gouvernement a finalement cédé à toutes les revendications et annoncé des mesures radicales alors que la production pétrolière reprend progressivement son rythme normal dans la journée du 05 avril.
Moraliser le secteur
Le Premier ministre, Paul Biyoghe Mba, a affiché un soulagement de circonstance au sortir de la réunion qui a décidé de l’arrêt du blocage de l’activité pétrolière du pays : « La sagesse et l’amour du pays ont prévalu, c’est ce qui importe. » Mais bien plus que la « sagesse », ce sont les concessions faites par le gouvernement qui ont décidé de l’issue du bras de fer entamé par la très puissante Onep.
Le syndicat a notamment obtenu que soient recensés « sous 48 heures tous les étrangers en situation irrégulière dans le secteur » et qu’ils soient « ensuite expulsés dans les 5 jours », comme le rapporte Arnauld Engandji, porte parole de l’Onep. Mais ces mesures radicales ne sont que le prélude à d’autres actions destinées à « moraliser le secteur », ainsi que l’a expliqué à l’AFP une source syndicale. Selon elle, non contentes d’employer « de nombreux sous-traitants Marocains, Congolais, Ghanéens, Camerounais en situation irrégulière », les compagnies pétrolières présentes dans le pays ne sont pas non plus exemptes de « quelques abus quant au personnel haut de gamme ».
Patronat sur la défensive
Le procès verbal de conciliation qui sanctionne les négociations prévoit ainsi, outre l’expulsion des étrangers en situation irrégulière, « le démarrage effectif des activités de l’Inspection spéciale du Travail chargée du secteur pétrolier » ; la création d’une commission pour l’admission des travailleurs étrangers ; le financement de la formation de 500 conducteurs de poids-lourds gabonais, ou encore la mise en place de sanctions pour les entreprises qui contreviendraient aux dispositions légales.
Du côté de l’Union pétrolière gabonaise (Upega), la pilule a plus de mal à passer. Devant le renforcement des contraintes administratives qui émanent des accords venant d’être passés entre le gouvernement et l’Onep, le patronat du secteur pétrolier gabonais ne cache pas son scepticisme, à défaut d’afficher son agacement. Même s’ils ne critiquent pas ouvertement les mesures qui viennent d’être adoptées, certains représentants de l’Upega évoquent déjà un programme irréaliste et l’un d’entre eux rappelle à l’AFP qu’« on ne transforme pas en une nuit 1 000 emplois comme ça » et qu’« on ne s’improvise pas comme ça conducteur d’engin ou ouvrier ».