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Demande de « cessez-le-feu » et négociation de Laurent Gbagbo

 

Laurent Gbabgo négocie son départ, annonce Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères français en début d’après-midi. Peu de temps auparavant, le chef d'état-major de l'armée loyale au président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, le général Philippe Mangou, a déclaré à l'AFP que ses troupes avaient « arrêté les combats » contre les forces d'Alassane Ouattara et « demandé un cessez-le-feu » à l'Onuci.

« La guerre est finie et on va négocier le reste », a déclaré le ministre des Affaires étrangères de Laurent Gbagbo, Alcide Djédjé, selon TV5Monde sur Twitter. De son côté le ministre des Affaires étrangères français Alain Juppé affirme que Laurent Gbagbo est en train de négocier son départ, « S'il y a des possibilités de le voir quitter le pouvoir, nous sommes prêts », ajoute le ministre. Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères de Laurent Gbagbo réfugié en début d'après-midi chez l'ambassadeur de France à Abidjan, déclare à RFI être en train de négocier les termes du cessez-le-feu. Laurent Gbagbo est « retranché » dans un « bunker », au sein de sa résidence de Cocody, précise le porte-parole de la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci), Hamadoun Touré.

Demande de cessez-le-feu

« Suite au bombardement par les forces françaises de certaines de nos positions et de certains points stratégiques de la ville d'Abidjan, nous avons nous-mêmes arrêté les combats et nous avons demandé au général commandant (la force onusienne) Onuci un cessez-le-feu », a indiqué le général Mangou, au lendemain de frappes de l'ONU et de la France. Après s’être réfugié avec sa famille à la résidence de l’ambassadrice d’Afrique du Sud, le général Philippe Mangou, est réapparu (sans explication) le 3 avril auprès de Laurent Gbagbo.

Ce cessez-le-feu doit permettre de « protéger les populations, les militaires, la Garde républicaine commise à la sécurité du président de la République, le président de la République lui-même et sa famille, et les membres du gouvernement (de son Premier ministre Gilbert Aké N'gbo) », a-t-il poursuivi. « Nous demandons à l'Onuci de faire en sorte qu'il n'y ait pas de pillages et de chasse aux sorcières », a-t-il conclu.

Alors que le conflit a changé de dimension avec l'entrée en scène hier des Nations unies et de la France, plus de quatre mois après le début d'une crise post-électorale qui a dégénéré en quasi-guerre civile, l'Onu s'est dite particulièrement inquiète du sort des civils. Terrorisés, beaucoup de ceux qui n'ont pas déjà fui sont terrés chez eux. Depuis le 31 mars, les forces d'Alassane Ouattara, président reconnu par la communauté internationale, ont engagé des combats dans Abidjan. Elles ont annoncé hier soir lancer « l'assaut final » contre le régime Gbagbo.

Les combats à l'arme lourde qui se déroulent dans la capitale économique ont fait des dizaines de morts dans la capitale économique ivoirienne où la situation humanitaire est devenue « absolument dramatique », s'est alarmé l'Onu. « La situation humanitaire s'est encore détériorée et est devenue absolument dramatique à Abidjan », a ainsi expliqué à l'AFP la porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'Onu, Elisabeth Byrs.

« La plupart des hôpitaux ne marchent pas, ils manquent d'oxygène... quant aux ambulances, elles ne fonctionnent pas non plus et quand elles roulent, on leur tire dessus », a-t-elle poursuivi. « L'accès aux populations civiles est impossible en raison des problèmes de sécurité », a insisté la porte-parole, faisant état « de cadavres de personnes tuées gisant dans les rues depuis plusieurs jours ».

(avec AFP)


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