STRATÉGIES

ET INVESTISSEMENTS

EN AFRIQUE


TOURISME
Tourisme

Tourisme : la forêt plutôt que la plage

 
Méandre de l'Ivindo
Les méandres de l'Ivindo dans le nord-est du Gabon. Photo : Rougier

Laissé à l’abandon pendant de nombreuses années, le secteur du tourisme gabonais est moribond. Pourtant, le pays possède des atouts pour le développement d’une filière qui souffre d’un cruel déficit en capacité hôtelière.

« L’avenir du Gabon ne passera assurément pas par le tourisme. » Si la formule est lapidaire, elle a au moins le mérite d’exprimer clairement ce que pense ce fonctionnaire international basé à Libreville. Une réflexion que beaucoup d’habitants du pays - Gabonais ou pas - partagent malgré le plan de développement que l’actuel président a prévu de déployer si l’on se penche sur le « pilier : Gabon des services » de son programme. Il faut dire que le défi est de taille.

Malgré un petit nombre de plages attractives, la façade balnéaire du pays n’a pas les moyens de rivaliser avec d’autres destinations dans le monde qui en ont fait leur spécialité, souvent au prix d’investissements gigantesques. Les villes gabonaises ne présentent pas non plus de potentiel à forte valeur ajoutée touristique. Une preuve parmi d’autres, le seul musée de Libreville offre à ses visiteurs une collection rachitique et est presque constamment fermé. Il est vrai qu’il existe toujours une catégorie de voyageurs plus curieux que d’autres qui y trouvera son compte, mais c’est rarement celle-ci que ciblent les tours opérateurs. Exit la plage et les centres urbains. Reste donc la forêt.

Manque cruel d’infrastructures

La forêt gabonaise couvre près de 80 % du territoire et présente une diversité quasi-unique au niveau de la flore qui la compose et de la faune qui l’habite. Et c’est bel et bien ce potentiel-là que l’actuel pouvoir en place compte exploiter pour augmenter la fréquentation touristique du Gabon, en privilégiant un écotourisme « de qualité, dans le respect de la nature et des hommes ». Les 13 parcs nationaux créés en août 2002 s’inscrivent on ne peut mieux dans cette optique.

Malheureusement, si le concept est viable, il reste encore un impondérable à résoudre : le développement des infrastructures. Faute de routes praticables et surtout de structures d’accueil, le Gabon ne parviendra pas à attirer la moindre clientèle, aussi pointue soit-elle. La polémique actuelle autour des presque 2 800 chambres manquantes selon le cahier des charges exigées par la Caf (Confédération africaine de football) pour que le Gabon puisse accueillir la Can en 2012 est un parfait révélateur du travail qu’il reste à accomplir.


Dans le même dossier : "Gabon: l'émergence, si..."

Du même auteur :