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Selon une étude publiée récemment par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, le monopole détenu par quelques sociétés internationales de transferts de fonds explique les coûts élevés de ces services et le développement de circuits informels.
Le marché de transferts de fonds des migrants africains vers leurs pays d'origine demeure entièrement contrôlé par quelques organismes internationaux, dont les leaders sont Western Union et Money Gram. Travaillant généralement en étroite collaboration avec les banques locales en Afrique, ces entreprises ont pratiquement l'exclusivité dans ce domaine.
C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par la Banque mondiale (BM), en collaboration avec la Banque africaine de développement (Bad), qui présente le monopole de ces agences internationales comme l'une des plus importantes raisons à l'origine des coûts élevés des envois de fonds opérés par les migrants vers l'Afrique. « Les enquêtes effectuées auprès des fournisseurs de services en Afrique suggèrent que les coûts élevés pour les envois de fonds en Afrique est en partie causée par les accords d'exclusivité entre les banques et les sociétés de transfert international d'argent », révèle l'étude qui fait également observer que le maintien des coûts élevés réduit les montants envoyés, « limitant ainsi l'impact des transferts de fonds » sur le développement de la région.
Prévalence des circuits informels
La cherté des services de transferts d'argent, particulièrement en Afrique subsaharienne, et le système bancaire sous-développé en termes d'infrastructures et de réglementation font que l'argent des travailleurs africains établis à l'étranger transite généralement par des circuits informels. « Selon un récent sondage, près de 70 % des banques centrales en Afrique subsaharienne ont évoqué les coûts élevés comme l'un des plus importants facteurs empêchant l'utilisation des canaux officiels », soulignent les experts de la BM.
Autre facteur expliquant la prévalence de ces circuits informels : le manque d'agences bancaires situées en dehors des zones urbaines, et globalement « le nombre de succursales bancaires et guichets automatiques [qui] est plus faible en Afrique subsaharienne que dans toute autre région en développement ». Le coût élevé des services bancaires dissuade également de nombreuses personnes. « À titre d'exemple, le montant du versement minimum pour ouvrir un compte d'épargne représente en moyenne 28 % du revenu annuel en Afrique contre 1 % dans les pays d'Amérique latine et aux Caraïbes ».
Le transfert d'argent à travers des organismes internationaux est ainsi perçu par les migrants comme étant un fardeau inutile. « Beaucoup de migrants originaires d'Afrique de l'Ouest vivant en France préfèrent envoyer de l'argent via des amis, des parents, ou des groupes communautaires ».
Les solutions envisagées
Au cours de ces dernières années, plusieurs initiatives politiques ont vu le jour. Quelques pays africains, dont l'Éthiopie, le Nigeria et le Rwanda, ont décidé de mettre un terme à ces partenariats entres les banques locales et les agences internationales de transferts d'argent. Par ailleurs, l'arrivée en Afrique, notamment au Kenya, de nouveaux produits technologiques comme le M-banking (applications bancaires pour téléphone mobile) a facilité les transferts de fonds ainsi que les autres services financiers.
La création d'un organisme africain pour les transferts d'argent, l’African remittances institue (ARI) est également évoqué dans l'étude. Le projet doté d'une enveloppe de € 1,7 million a commencé en 2010 et « a pour but de renforcer les capacités de tous les acteurs (gouvernements africains, banques, expéditeurs et destinataires des transferts) pour les envois de fonds ».