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Un nouveau billet pour l'Algérie

 

Le gouvernement algérien, qui fait face depuis des mois à un manque de liquidité, a décidé l'émission d'un nouveau billet de 2 000 dinars dès le 28 avril.

Fin avril, la Banque d'Algérie mettra en circulation un billet de 2 000 dinars (€ 20), la plus forte valeur jamais proposée par la monnaie locale. Jusqu’à présent les billets en circulation allaient de 50 dinars (€ 0,5) à 1 000 dinars (€ 10). L’introduction de ces billets vise à résoudre le manque de liquidités qui résulte d'un écart entre les approvisionnements de la Banque d'Algérie et la demande de billets. Ce phénomène s’est accentué « durant les six derniers mois en liaison avec les récentes hausses de salaires des employés de la fonction publique », a reconnu cette semaine le ministre des Finances, Karim Djoudi. « On aurait dû étaler les versements mais, probablement, la pression sociale était trop forte », observe dans le quotidien El Watan l'économiste Mustapha Mékidèche pour qui la Poste algérienne n'a pas assez développé son réseau et ses capacités logistiques « pour prendre en charge l'explosion de la demande ». Selon des chiffres de source bancaires fournis par El Watan, en 2010, les décaissements de la Poste ont totalisé 2 110 milliards de dinars (€ 21,1 milliards) alors que les montants alloués n'ont pas dépassé les 1 410 milliards de dinars (€ 14,1 milliards), soit un écart de 700 milliards de dinars (€ 7 milliards). 

Pas de conséquences sur le niveau de la masse monétaire

D'après le ministre des Finances algériens, la manœuvre n'aura pas de conséquence sur le niveau de la masse monétaire tandis que les experts craignent un risque d'inflation. « La même quantité de monnaie fiduciaire sera redistribuée dans un assortiment différent de billets avec une proportion moindre de petites coupures », a encore fait valoir M. Djoudi en soulignant un autre « avantage » consistant à orienter les besoins de thésaurisation vers les billets de 2 000 dinars délaissant les coupures inférieures aux besoins de circulation monétaire. Mais, selon M. Mékidèche, la Banque d'Algérie va quand même retirer de la circulation les vieux billets pour « éviter une émission disproportionnée source d'inflation ».

Autre solution : le paiement électronique que l'Algérie compte introduire à partir de l'année prochaine, système pas ou peu utilisé dans le pays. Quelques grandes entreprises publiques (eau, gaz, électricité, téléphonie et produits pétroliers) ont donné leur accord pour une première expérience, a indiqué 14 avril le ministre de la Poste, Moussa Benhamadi. La société Monetal, rattachée au groupe français Ingenico, un des leaders mondiaux des terminaux de paiements a vendu entre 12 000 et 13 000 équipements quand « il en faudrait au moins cent fois plus », selon son directeur général, Ali Talbi qui plaide pour une décision politique allant dans ce sens. D'après le quotidien économique en ligne algérien Chiffres d'affaires.com, « seuls 3 000 terminaux de paiement électronique (TPE) ont été installés en Algérie. Le marché algérien de la monétique est prometteur compte tenu des retards à rattraper. Du coup, il attire des investisseurs. Monetal, créée en 2005, adossée au groupe international Ingenico, spécialiste des terminaux de paiement électronique, détient environ 90 % du parc de TPE en Algérie, avec 16 000 terminaux vendus aux différentes banques, à travers la Satim. L’entreprise prévoit de vendre 20 000 terminaux pour la fin de l’année 2012 », affirme le quotidien.

 

(Avec agences et el Watan)


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