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POLITIQUE | |
| Démocratie/Gouvernance |
Aucune annonce d'envergure n'a été faite par le chef d’État algérien, Abdelaziz Bouteflika, le 15 avril lors de son discours télévisé, le premier depuis les émeutes qui ont ébranlé le pays au début janvier faisant cinq morts, des centaines de blessés et plus d'un millier d'arrestations.
Sur le plan politique, le président algérien a annoncé une révision de la Constitution, de la loi sur les partis politiques et de la loi électorale, ainsi qu’une nouvelle loi d'information avec la dépénalisation du délit de presse. Il a en outre exclu l'organisation d'élections législatives ou présidentielles anticipées, l'ouverture d'un débat national pour un changement de système et l'ouverture du champ audiovisuel. Des revendications que l'opposition exprime depuis des mois à travers l'organisation de plusieurs rassemblements, sit-in et marches.
Abdelaziz Bouteflika a ainsi confirmé l'absence d'une réelle volonté d’entamer un processus politique pour une transition démocratique, indique Rachid Tlemçani (1) dans un entretien à El Watan. « Il s’est seulement contenté d’annoncer des révisions de textes, comme si le pays avait besoin de nouveaux textes. Les lois en vigueur sont piétinées par le législateur lui-même et les liges du pouvoir », explique-t-il. Ce dernier relève également le fait que le président n'a donné aucun agenda pour la mise en œuvre des réformes annoncées.
Saupoudrage économique
La dégradation du pouvoir d'achat, le chômage et le problème du logement ont été présentés par le pouvoir algérien comme les principaux moteurs des mouvements de contestation qui ont vu le jour dans le sillage des révoltes arabes. A. Boutefllika a ainsi passé en revue toutes les mesures socioéconomiques adoptées dernièrement par le gouvernement dans sa tentative d'apaiser le front social, évoquant la mise en place d'un mécanisme de soutien des prix de certains produits alimentaires de première nécessité, dont l'huile, le sucre et les légumes secs.
Pour s'attaquer au problème récurrent du chômage, il a rappelé les dispositions prises pour encourager l'investissement ainsi que le renforcement des différents dispositifs existants pour aider les jeunes à créer leurs propres entreprises. S'agissant du problème de logement, à l'origine de nombreuses émeutes qui ont éclaté récemment dans plusieurs villes algériennes, Abdelaziz Bouteflika a fait état d’ « un effort incommensurable […] consenti depuis 2000 à ce jour à travers la satisfaction d'une grande partie de la demande ». Conscient toutefois que « de nouvelles demandes seront exprimées », il a annoncé la réalisation de deux millions de logements dans le cadre de l'actuel programme quinquennal. « Plus d'un million seront délivrés avant 2014 », a-t-il précisé.
Au cours de son intervention, A. Bouteflika a également réaffirmé la volonté de l’État de lutter contre certaines pratiques qui gangrènent les institutions nationales. « Des fléaux sociaux tels la corruption, le népotisme et le gaspillage sévissent et l'État s'emploie à les combattre avec vigueur et détermination », a-t-il assuré.
(1) Enseignant-chercheur à l'Institut d'études politiques d’Alger, Rachid Tlemçani a été chercheur à l’Université de Georgetown (Washington, D.C.) et à Harvard (Boston).
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