![]() |
POLITIQUE | |
| Conflits |
Tandis que le gouvernement de Khartoum et les autorités du Sud-Soudan ont accepté de retirer toutes leurs forces armées non autorisées de la région contestée d'Abyei, le conflit libyen commence à déborder au Darfour.
D’après les Nations unies, le retrait de toutes les forces armées sudistes et nordistes débutera aujourd’hui et devrait être effectif dans une semaine. Depuis le début de l’année en effet, les deux camps avaient renforcé leurs effectifs militaires, alors que ne devaient y être déployées que des unités conjointes rassemblant nordistes et sudistes. Une tension née des résultats du référendum d'autodétermination du 9 janvier dernier et du vote massif des Sud-Soudanais pour l'indépendance. Fin avril, le président soudanais Omar El-Béchir avait même menacé de ne pas reconnaître le Sud-Soudan comme État souverain si les futurs dirigeants de ce dernier persistaient à revendiquer cette région dont une partie a été attribuée au Nord par un tribunal administratif de La Haye en 2009. L'annonce de ce retrait conjoint pourrait être une étape importante vers la paix dans ce pays qui sera officiellement coupé en deux le 9 juillet prochain.
Retrait d’un côté, renfort de l’autre
Mais une bonne nouvelle ne dure jamais bien longtemps au Soudan. Si les effectifs militaires nord-soudanais se retirent d’Abyei, ils augmentent du côté du Darfour où la tension monte à la frontière libyenne et où le Soudan vient de déployer des soldats et des policiers. « La situation en Libye est très instable actuellement et nous avons de réelles inquiétudes concernant le trafic d'armes et la possibilité que ces armes tombent entre les mains des rebelles », a expliqué Khaled Moussa, porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères. Depuis des années, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi est soupçonné de chercher à accroître son influence au Darfour notamment en envoyant des armes aux membres des groupes rebelles darfouriens anti-Khartoum et en profitant de la perméabilité de la frontière désertique entre les deux pays.
Une crise diplomatique qui pourrait déstabiliser le Darfour
Aujourd’hui, une crise diplomatique majeure a débuté entre les deux pays. La Libye a lancé un ultimatum le 9 mai à 13 employés du consulat soudanais d'al-Koufra, ville-oasis située à environ 350 km de la frontière soudanaise, leur signifiant qu'ils avaient 48 heures pour quitter le pays. Khartoum, n'ayant pas reçu d'explications convaincantes de la part de l'ambassadeur de Libye au Soudan, a répliqué en expulsant mardi le personnel du consulat de Libye stationné à El-Fasher, capitale du Nord Darfour. Le régime de Khartoum estime qu'un demi-million de Soudanais vivaient en Libye avant le début de la révolte débutée mi-février. Environ 50 000 d'entre eux seraient depuis rentrés au Soudan d'après les chiffres d'organisations humanitaires, pour la plupart originaires du Darfour. Tous, chassés par la guerre civile qui sévit dans la région depuis 2003 et à l'origine de 300 000 morts et 2,7 millions de déplacés d'après l'Onu, y étaient allés dans l'espoir du trouver du travail.