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ECONOMIE | |
| Banque mondiale |
Avec le Sud Soudan, la banque mondiale (BM) devrait accueillir un nouvel élément docile et appliqué après le 9 juillet prochain, date de l’indépendance officielle du nouveau pays. L’institution bancaire internationale se montre confiante, relevant notamment des indices positifs pour le développement du secteur privé.
En 2005, tandis qu’un accord de paix entre le Nord et le Sud Soudan venait d’être signé, l’institution bancaire internationale avait déjà « appelé le gouvernement de Djuba (nouvellement autonome) à bâtir les fondations d'un développement économique généralisé et qui profite à tous ». Six ans plus tard, les leaders sudistes ont obéi à la BM. Ils ont notamment inscrit dans la Constitution intérimaire le droit à la libre entreprise et la protection du droit à la propriété, avant même d’avoir fini de réfléchir aux structures politiques définitives du nouveau pays.
Les préoccupations socialistes de John Garang, le leader historique du Mouvement populaire de Libération du Soudan disparu dans un accident d'hélicoptère en juillet 2005, quelques mois après la signature des accords de paix entre le Nord et le Sud, semblent aujourd'hui obsolètes. Le 9 juillet prochain, le Sud Soudan sera donc un nouveau pays indépendant - et libéral, comme l’avait espéré la banque mondiale en 2005. Le bon élève sud soudanais a déjà fait ses preuves en délivrant des certificats d'enregistrement à environ 9 000 entreprises ces 5 dernières années. D’après le rapport de la BM, des banques de détail seraient également établies.
2,5 années de salaire pour monter une entreprise
Bien sûr tout n'est pas encore parfait. L'étude de la Banque mondiale montre que monter une entreprise demande environ 15 jours à Djuba, la future capitale du Sud-Soudan, contre 13,8 jours en moyenne dans les économies de l'OCDE. Pour la BM, « beaucoup reste à faire et l'élan de réforme doit être maintenu ». La Banque s’inquiète également du coût du démarrage d'une entreprise, qui est de fait deux fois plus élevé au Sud-Soudan que dans le reste de l'Afrique subsaharienne. Un handicap très lourd en rapport aux moyens des Sud-Soudanais : ce coût de démarrage représenterait 2,5 fois le revenu annuel moyen par habitant.
Qu’à cela ne tienne, pour permettre de fluidifier son économie naissante, le gouvernement de Djuba a déposé en avril une candidature pour devenir membre du Fonds monétaire international, qui si elle aboutit doit lui permettre d'être également membre à part entière de la Banque mondiale.