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Le Swaziland, qui consacre la moitié de son budget aux salaires de ses 35 000 fonctionnaires, n’aura pas les fonds nécessaires pour payer ces salaires en mai et juin.
Le Swaziland, l’une des dernières monarchies absolues d’Afrique, n'a plus les moyens de payer ses fonctionnaires. Selon Majozi Sithole, le ministre des Finances, le gouvernement a sollicité auprès de la Banque africaine de développement (Bad) des crédits à hauteur de $ 150 millions.
Ce micro-État de 1,2 million d’habitants enclavé en territoire sud-africain traverse une profonde crise économique, politique et sociale. Voilà plusieurs années que les syndicats et l’opposition demandent des mesures favorisant la démocratie, ce que refuse Mswati III, un roi critiqué pour ses dépenses voluptuaires. Des manifestations ont été durement réprimées en avril à Mbabane, la capitale, après la décision de geler les salaires des fonctionnaires.
Menace de dévaluation
Le gouvernement demande aujourd’hui aux agents publics de suivre l’exemple donné par certains ministres et d’accepter une baisse de 4,5 % à 10 % de leur salaire. « Il y aura des batailles de rue si le gouvernement applique ces baisses unilatéralement », a déclaré Vincent Dlamini, le secrétaire général du plus grand syndicat de fonctionnaires (Napsawu). C'est « le meilleur moyen d’aller à la révolution », a menacé de son côté Muzi Mhlanga, secrétaire général du Syndicat des enseignants (Snat). Le Fonds monétaire international (FMI) a recommandé au Swaziland de réduire de 5 % la masse salariale des fonctionnaires, de manière à endiguer son déficit public.
La baisse l’année dernière de 60 % des revenus provenant de l’union douanière régionale (Sacu) a porté un coup fatal à l’économie du Swaziland, fortement dépendante de cette source de financement. Selon Jean van Houtte, économiste à la Banque mondiale, le pays pourrait même être obligé de dévaluer sa monnaie, le lilangeni, actuellement à parité avec le rand sud-africain, s’il n’arrive pas à tailler de manière urgente dans ses dépenses publiques pour résorber un déficit qui devrait atteindre $ 565 millions en 2011.
(Avec Benoît Thelliez)
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