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Le FMI s’est rendu au chevet de la Côte d’Ivoire pour étudier les modalités de soutien au programme de relance économique.
Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Doris Ross, s’est rendue à Abidjan, du 18 au 31 mai, pour engager des discussions sur le programme de relance économique de la Côte d’Ivoire. Après avoir rencontré le président Alassane Ouattara, les membres de son gouvernement, mais aussi les représentants du secteur privé et du corps diplomatique, le FMI se dit prêt à accorder un soutien. « Les autorités de Côte d’Ivoire et la délégation du FMI se sont entendu sur un ensemble de politiques macroéconomiques à mettre en œuvre durant le reste de l’année 2011, en vue de relancer l’économie du pays », a déclaré Doris Ross. Ces politiques pourraient être appuyées par une Facilité de Crédit Rapide (FCR) d’un montant d’environ $ 130 millions, sous réserve d’approbation par le Conseil d’administration du FMI. Ce décaissement pourrait intervenir en juillet.
L’économie de la Côte d’Ivoire a été durement touchée par ces cinq mois de crise post-électorale qui se sont achevées par un conflit armé dans l’ouest du pays et à Abidjan. « Il en est résulté d’importants dommages matériels subis par l’infrastructure, les locaux de l’administration publique, l’outil de production et les biens privés », constate le FMI.
« Avec la fin des combats, la réouverture progressive du système bancaire à compter du 27 avril et la prestation de serment du Président Ouattara le 6 mai, la Côte d’Ivoire a emprunté la voie de la relance économique, même si la sécurité demeure une préoccupation majeure », rappelle le FMI. « Les prévisions des autorités, qui tablent sur une contraction de l’activité économique de 6,3 % en 2011, semblent ambitieuses. S’il est vrai que les prix des denrées alimentaires ont flambé durant la crise, le rétablissement des réseaux de transport et la réouverture des marchés ont cependant contribué à réduire ces prix, et le taux d’inflation de 3 % visé cette année paraît réalisable », note le FMI.
Sur le moyen terme, le gouvernement s’engage à réaliser un certain nombre de réformes : administration fiscale et douanière, fonction publique, lutte contre la pauvreté, filière café-cacao et secteur de l’énergie. Dès que des progrès auront été accomplis au niveau de l’établissement des priorités et des plans à court et moyen termes, l’équipe du FMI est disposée à revenir à Abidjan pour discuter d’un programme économique triennal qui pourrait être soutenu par la Facilité élargie de crédit du FMI.
Le Fonds avait accordé en mars 2009 un prêt de quelque € 330 millions à la Côte d’Ivoire, dont trois premières tranches seulement ont été décaissées sur les sept prévues. Après l'élection présidentielle de novembre 2010, cette aide a été bloquée à cause de la crise provoquée par la décision du sortant Laurent Gbagbo de s'accrocher au pouvoir malgré sa défaite.