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Zimbabwe : report des élections à 2012

 
Robert Mugabe
Robert Mugabe a finalement consenti à reporter les élections en 2012. Photo : Us Navy

Robert Mugabe, 87 ans, au pouvoir depuis 1981, a cédé aux pressions de son grand voisin sud-africain et renoncé à organiser des élections express en 2011.

Décidé à mettre fin à un gouvernement d’union nationale qui le contraint depuis février 2009 à partager le pouvoir avec Morgan Tsvangirai, Premier ministre issu de l’opposition, Robert Mugabe se serait plié à la volonté de son homologue sud-africain Jacob Zuma.

« Les élections doivent être libres et transparentes », ont insisté les voisins du Zimbabwe, lors d’un sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Les dernières élections, en 2008, ont été marquées par une recrudescence des violences politiques à l’encontre des membres du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition). Le harcèlement du régime à leur encontre a recommencé ces derniers mois. Tendai Biti, le ministre des Finances issu du MDC, a survécu à une présumée tentative d’assassinat, le 6 juin à Harare. Son domicile a été frappé par un attentat à la bombe. Robert Mugabe reproche à Tendai Biti, considéré comme un éventuel présidentiable, d’étrangler l’agriculture en bloquant les $ 250 millions de crédits accordés par le Fonds monétaire international (FMI) au Zimbabwe.

Tendai Biti, de son côté, accuse ouvertement les barons du régime Mugabe de piller les ressources du pays, notamment diamantaires, et a refusé d’accorder une augmentation de salaire aux miliciens à la solde de l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), déployés dans le pays depuis la politique d’invasion de fermes commencée en 2000.

Face aux remontrances de ses voisins, Robert Mugabe a menacé de retirer le Zimbabwe de la SADC, mais il n’en a rien fait. Il dépend largement de l’Afrique du Sud pour l’approvisionnement de son pays en céréales et en électricité. Son parti voudrait remporter des élections plus tôt que plus tard, par crainte d’une dégradation rapide de la santé de Mugabe, qui a fait plusieurs visites à Singapour pour se soigner. Les « Mugonomics », comme on surnomme à Harare la gestion économique de Mugabe, devraient encore pénaliser le pays jusqu’en 2012, prolongeant l’incertitude des opérateurs économiques. Les sociétés minières doivent céder 51 % de leurs actifs à des intérêts noirs privés d’ici la fin de l’année.


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