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Concentration sur l’Afrique, focus sur le secteur financier, intérêt accru pour la filière agro-alimentaire... Le bilan 2010 de la branche secteur privé de l’AFD affiche une croissance à peu près équivalente à celle de son continent de prédilection.
Proparco a connu en 2010 « une année exceptionnelle », selon Dov Zerah, directeur général de l'Agence française de développement et président de sa filiale dédiée au financement du secteur privé. Avec près de e 1 milliard de financements signés, l'organisme a vu son activité croître de 6 % par rapport à 2009. Son portefeuille total atteint € 2,1 milliards, en hausse de 31 %. L'exercice 2010 a permis à Proparco de dégager un résultat net de € 18,4 millions (contre € 23,6 millions en 2009), dont un tiers reversé en dividendes à ses actionnaires. Une rentabilité que Proparco considère « dans la norme ». Parmi ces actionnaires, on retrouve bien sûr l’AFD, mais aussi des banques françaises et étrangères, des entreprises françaises...
Principal moteur de cette croissance : la forte hausse (123 %, à € 204 millions) des prises de participations de Proparco dans des entreprises, banques ou fonds d'investissement. Sur les 70 projets signés en 2010, une trentaine se sont faits sous forme de prises de participations directes (€ 5 millions dans le laboratoire pharmaceutique tunisien Unimed, $ 35 millions dans la filiale africaine de l'Allemand Heidelberg Cement...) ou indirectes (via des fonds d'investissement comme Aureos Health Fund, pour les PME africaines de la santé, Averroes II, ciblé sur la zone Méditerranée...). Ces chiffres englobent les € 48 millions du fonds Fisea pour l'Afrique subsaharienne, détenu par l'AFD mais géré par Proparco.
45 % des financements en Afrique subsaharienne
Le prêt à long terme reste toutefois l’instrument privilégié de l'organisme, qui a vocation à pallier les insuffisances des banques commerciales. Une quarantaine de prêts, pour un montant total de € 734 millions (contre 801 en 2009) ont ainsi été signés en 2010. Tous types de financements confondus, les activités de Proparco se sont d'abord concentrées sur le soutien au secteur financier (55 % du volume d'affaires), devant les entreprises (16 %), les infrastructures et mines (16 %, dont la moitié dans les énergies renouvelables) et les fonds d'investissement (13 %).
Après s'être ouverte ces dernières années à d'autres régions, notamment l'Amérique latine, Proparco s'est recentrée sur son « coeur de métier » : l'Afrique. La zone subsaharienne a récolté au total € 420 millions, soit 60 % de plus qu'en 2009, auxquels il faut ajouter une part des € 137 millions de la zone Méditerranée et Moyen-Orient. Parmi les projets-phares, un prêt de € 16 millions à Dubaï Port World pour le port de Dakar, un soutien à l'extension du réseau de téléphonie mobile au Tchad ou encore une participation dans une entreprise horticole française au Kenya, qui arrive en tête des actions de Proparco sur le continent.
« L'Afrique restera notre priorité en 2011, assure Dov Zerah. Nous devons renforcer notre intervention dans l'agriculture et l'agro-industrie, dans l'énergie... » Les États sortis de crises politiques ne sont pas oubliés. Les bureaux d'Adidjan et du Caire, ouverts en 2010 puis mis en veille, sont prêts à redémarrer. « Notre vocation est d'être dans ces pays, indique Etienne Viard, directeur général de Proparco. Ils auront notamment besoin d'accompagnement pour leur secteur financier. » L'établissement veut enfin renforcer ses partenariats avec ses homologues hollandais et allemand, FMO et DEG : un bureau commun devrait ouvrir en Afrique du Sud. Proparco, qui se revendique « première institution financière de développement bilatérale en Afrique », affirme ne pas craindre la concurrence des financements venus d'Inde ou de Chine : « Leurs taux, subventionnés, sont plus compétitifs que les nôtres. Mais ce n'est pas un problème. Tout nouveau bailleur est le bienvenu en Afrique, nous ne serons pas trop pour faire face aux défis à venir. »
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