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La Société financière internationale (SFI) expérimente des assurances contre les aléas météorologiques pour les petits agriculteurs en Afrique.
De passage à Paris, le vice-président exécutif de la SFI, Lars Thunell a détaillé le 9 juin, dans un entretien avec l'AFP, le concept et les modalités de cette « assurance météo ». « Les petits agriculteurs africains sont confrontés à deux risques majeurs », a-t-il expliqué. Le premier est la volatilité des prix des matières premières, l'une des priorités de la présidence française du G20 ; les aléas météorologiques et particulièrement les sécheresses représentant le second risque.
L'idée, expérimentée dans des pays d'Afrique de l'Est comme le Rwanda, est « d'offrir aux agriculteurs un produit qui leur serve à la fois de financement et d'assurance météo ». « On leur donne un financement, et si par exemple ils sont confrontés à une forte sécheresse, ils sont dispensés de rembourser », a-t-il expliqué. Selon lui, de tels produits sont « très complexes » à mettre au point mais « assez simples à comprendre » pour les clients. Et « c'est mieux que de se contenter de venir en aide après coup », a-t-il assuré.
Pour parvenir à proposer un tel produit, « il faut travailler avec les gouvernements sur la régulation, développer les bases de données statistiques pour aider les compagnies d'assurance locales à chiffrer le risque, renforcer les capacités de ces compagnies et les faire travailler avec les grandes compagnies d'assurance internationales », a énuméré Lars Thunell. « Mais s'il y a une régularité raisonnable, si l'on sait par exemple que l'on risque d'être confronté à une sécheresse environ tous les cinq ans, alors c'est faisable », a-t-il assuré, insistant sur la nécessité de disposer au préalable de statistiques fiables.
La SFI a accru son intervention dans l'agriculture africaine depuis la crise alimentaire de 2008. Dans son portefeuille, ce secteur représente $ 260 millions, dont $ 100 millions d'investissements nouveaux l'an dernier. Un chiffre qu'elle espère doubler d'ici 2013. Toutefois, la part de l’agriculture reste marginale dans ses engagements qui s'élèvent à $ 3,2 milliards pour l'Afrique subsaharienne.
(Avec AFP)