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Eni : « victime collatérale » de la guerre en Libye ?

 
Raffinerie de Wafa Wafa opérée par Eni en Libye
Le gouvernement libyen envisage de transférer les actifs pétroliers et gaziers de l'italienne Eni à des compagnies russes et chinoises. Photo : Eni

La Libye serait bien décidée à transférer le portefeuille des actifs de l’entreprise pétrolière italienne Eni à des compagnies russes et chinoises.

Les propos du Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, qui déclarait le 7 juillet à Rome qu’il avait toujours « été contre cette initiative » d’une intervention de l’Alliance contre le régime de Mouammar Kadhafi risquent de ne pas suffire. Bien que les forces italiennes ne participent pas directement aux opérations aériennes, les aéroports militaires du pays servent de bases arrière aux bombardiers de la coalition et les relations entre les deux pays se sont, de fait, nettement tendues.

Premier opérateur pétrolier étranger opérant sur le sol libyen, la firme italienne Eni est en passe de faire les frais du positionnement politique pris par sa direction, en ligne avec celle prise officiellement par le gouvernement italien. Après ne pas avoir su sur quel pied danser, Paolo Scaroni, le directeur général de la compagnie italienne a finalement contacté les insurgés de Benghazi en avril dernier, pour discuter des modalités d’une coopération dans le secteur énergétique.

Plus de deux mois plus tard, l’issue toujours incertaine du conflit et le maintient au pouvoir du régime de M. Kadhafi a poussé Eni à finalement rapatrier son personnel, après avoir gelé la majeure partie de ses opérations sur le territoire libyen dès le mois de février. Début juillet, un officiel du régime de Tripoli déclarait à l’agence Reuters que ce « retrait » ayant été effectué « sans avertissement », l’État libyen « a commencé à négocier avec d’importantes compagnies pétrolières russes et chinoises pour démarrer un partenariat sur ces investissements ». Le Conseil national de transition (CNT) - l’organe représentatif de la rébellion - a promis pour sa part qu’il ne remettrait pas en cause, avant l’instauration d’un régime démocratique, les contrats en cours dans le secteur des hydrocarbures.


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