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DEVELOPPEMENT DURABLE | |
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Le Forum africain du carbone 2011 a été l'occasion de discuter des obstacles à surmonter et des opportunités à saisir sur le marché de la finance carbone en Afrique. L'occasion de mieux expliquer le Mécanisme de développement propre (MDP) et de présenter les rapports publiés sur le sujet.
Le Forum africain du carbone 2011 qui s'est tenu du 4 au 6 juillet à Marrakech (Maroc) a réuni plus de 1 000 participants du monde entier. Experts du carbone, développeurs de projets, acheteurs et vendeurs de crédits carbone, représentants des États et du secteur privé étaient là pour échanger.
Des projets comme celui du reboisement d’Ibi en République démocratique du Congo (RDC) ont été mis en avant. Ce petit village sur le plateau des Batéké est le site du premier projet de Mécanisme de développement propre en RDC, approuvé et enregistré au titre du Protocole de Kyoto. Grâce au mécanisme MDP, les crédits-carbone générés seront achetés par le Biocarbon Fund (BIOCF) de la Banque mondiale. « Le projet Ibi-Batéké est un exemple concret de la capacité du secteur privé à participer à la transformation de l'économie nationale », a déclaré Marie-Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations de la Banque mondiale en RDC et en République du Congo.
Temps difficiles
Pourtant, la finance carbone connaît des temps difficiles reconnaît la Banque mondiale qui énumère : « la lenteur des débats sur le changement climatique, l’absence de réglementation claire pour l'avenir, la stagnation des volumes commercialisés et la possible fragmentation des marchés du carbone, qui pesaient $ 142 milliards en 2010 contre 144 milliards en 2009 », selon le rapport de la Banque mondiale « État et tendances du marché du carbone ».
Le Forum africain du carbone est la principale manifestation professionnelle et plateforme régionale d'échange du savoir pour les investissements axés sur le carbone. Il a démontré que l'Afrique attirait de plus en plus de projets de MDP, les investisseurs cherchant de nouvelles opportunités de croissance, constate la Banque mondiale. « Cependant, nous devons réformer et améliorer nos processus, en particulier pour les pays les moins avancés, afin d'améliorer leur accès au MDP », a déclaré Mary Barton-Dock, directrice du département Environnement de la Banque mondiale. Et c’est peu dire. L'Afrique n'accueille que 2 % des 3 200 projets de MDP enregistrés dans le monde. « Je crois que, malgré les perspectives encore incertaines du marché du carbone, celui-ci est bel et bien en train de regagner en vigueur, et que l'Afrique est l'une des régions offrant les plus grandes possibilités de participation à ce marché », a avancé Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la CCNUCC.
Pour cela, la Banque propose un renforcement des approches programmatiques visant à atténuer les émissions de carbone. Dit plus simplement, il s’agit de regrouper des projets similaires dans une vaste région géographique sous une même entité afin de réduire les coûts de transaction pour les propriétaires du projet et d’intégrer des projets de plus petite taille.
« Après des années consacrées au développement de projets de boisement et reboisement, nous récoltons enfin le fruit de nos efforts. Il nous faut conserver les procédés qui fonctionnent, et continuer à améliorer les autres », a ajouté Ellysar Baroudy, chef du Fonds biocarbone de la Banque mondiale, faisant référence au nouveau rapport de l'institution internationale, The BioCarbon Fund Experience - Insights from Afforestation and Reforestation CDM Projects (Gros plan - Projets MDP d'afforestation et de reforestation), diffusé lors du Forum. Selon ce rapport, les pays en développement souffrent de nombreux problèmes de réglementation, de capacités, de financement et de propriété foncière. Malgré ces obstacles, les projets MDP de reboisement sont fondamentaux si l'on veut atténuer le changement climatique, comme le fait le projet Ibi-Batéké en RDC.