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POLITIQUE | |
| Conflits sociaux |
Après deux jours d’émeutes dans les principales villes du Malawi, le bilan serait d’une dizaine de morts dans les rangs des manifestants. Le président Bingu wa Mutharika exclut de démissionner et déploie l’armée dans la capitale Lilongwe.
L’exaspération des Malawites à l’encontre du régime en place et de leur président, Bingu wa Mutharika a atteint un paroxysme sanglant le 20 juillet. D’après des militants et responsables d’ONG présents sur place, sept personnes auraient été tuées par la police dans la ville de Mzuzu alors qu’elles s’en prenaient à des commerces tenus par des Chinois ainsi qu’aux locaux du parti au pouvoir, le Parti progressiste démocratique (PPD). De violents heurts entre manifestants et forces de l’ordre ont également eu lieu dans la capitale politique Lilongwe et dans la capitale économique Blantyre où une personne aurait également été abattue par balle.
Au pouvoir depuis mai 2004, B. wa Mutharika qui a entamé son second mandant à la tête du pays en 2009 a exclu toute démission dans une allocution diffusée le 21 juillet sur les ondes de la radio nationale malawite : « Je continuerai à gouverner le pays jusqu'à ce que la constitution soit amendée […] Comme la constitution le prévoit, l'autorité pour diriger le gouvernement est entre mes mains et entre celles de personne d'autre ». Le chef de l’État a également nié qu’une mauvaise gouvernance pouvait être à l’origine de la récente pénurie de carburant et du manque de réserves de change, tout en acceptant d’entamer un dialogue avec la société civile et l’opposition.
Une volonté d’ouverture inédite pour celui qui a exclu dernièrement l’ambassadeur du Royaume-Uni après la publication d’un câble diplomatique britannique faisant état d’un dirigeant « autocratique et intolérant envers les critiques ». Par mesure de rétorsion après avoir sollicité des excuses auprès B. wa Mutharika qui a refusé de s’y soumettre, Londres a immédiatement gelé son aide au Malawi qui se montait à € 380 millions pour les quatre prochaines années. Beaucoup de Malawites, qui vivent dans un pays dont l’économie dépend à près de 40 % de l’aide internationale, ont très mal interprété la position rigide de leur dirigeant qu’ils estiment être responsable de cette nouvelle perte budgétaire.
(Avec agences)