STRATÉGIES

ET INVESTISSEMENTS

EN AFRIQUE


AGRI & AGROALIMENTAIRE
Céréales

Algérie : importations massives de céréales

 
Blé
En Algérie, les importations de céréales ont augmenté de 100 % au premier semetre 2011. Photo : tyery1

Sur le premier semestre 2011, les importations de céréales se sont élevées à $ 2,04 milliards, contre $ 1,02 milliard pour la même période de 2010. En gros, 100 % de hausse.

Le gouvernement algérien tient à se prémunir des vents de révolte qui soufflent dans la région. Pour cela, il n’a pas hésité à multiplier les importations de céréales, notamment à la veille du ramadan, une période traditionnelle de montée des prix. Les importations massives de céréales, semoules et farines sont passées de $ 1,02 milliard au 1er semestre 2010 à $ 2,04 milliards durant la même période en 2011. Un bond de 100 %.

Cela se traduit dans la facture globale des biens alimentaires importés qui a augmenté pour sa part de 59 %, pour s’établir à $ 4,83 milliards pour le premier semestre 2011, contre $ 3,02 milliards pour la même période de 2010, selon Centre national de l'informatique et des statistiques des douanes (Cnis). La part des céréales dans la structure des produits alimentaires importés est de 42,31 %, précise le Cnis.

Contrebande

À la veille du ramadan, le gouvernement veut rassurer la population et réaffirme qu'il n'y aura pas pénurie et qu'il maintient la subvention des produits de base, à commencer par les céréales. Mais la spéculation passe par là et des contrebandiers profitent de l’aubaine pour exporter ces produits vers les pays voisins. « L’Algérie casse les prix internationaux et des pays comme le Mali, le Niger, le Maroc, la Tunisie, la Libye et la Mauritanie profitent aussi de ces subventions grâce à certains réseaux », dénonce le président du Forum des chefs d'entreprises (FCE) privées, Réda Hamiani. « C'est un non-sens de subventionner les produits au stade final », juge-t-il. Le faire à la source encouragerait les producteurs locaux à accroître leur production.

Absence de politique agricole

« l'Algérie est un pays semi-aride » avec une productivité agricole « relativement faible », rappelle l’économiste Abderrahmane Mebtoul interrogé par l’AFP. Aussi les agriculteurs vont-ils surtout vers les cultures spéculatives se détournant des céréales. « Il n'y a pas une véritable politique agricole en Algérie. D'un côté, on nous annonce en grande pompe que l'on exporte de l'orge puis la même année on en importe », explique-t-il, évoquant l'exportation en juin 2010 par l'Algérie de 10 000 tonnes d’orge tandis que le pays en importait la même année. Tout cela s'apparente pour lui à de la « publicité politique ».

L’économie algérienne vit sur la rente des hydrocarbures (97 % des rentrées de devises) alors que les secteurs d'activités agricoles et industrielles peinent à se développer pour prendre la relève.

(avec AFP)


Du même auteur :