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Les deux Soudan vont de crise en crise

 

Un mois et demi après l'indépendance officielle du nouvel état sud-soudanais,  l'insécurité chronique régnant au Nord comme au Soudan du Sud empêche tout développement économique à court terme dans les deux pays. Pire encore, la région pétrolifère du Sud Kordofan à la frontière des deux Soudan, en guerre et à l'équilibre économique fragile doit faire face à un début de pénurie alimentaire.

Six agences des Nations unies sont attendues dans les prochains jours au Kordofan méridional, à la frontière avec le Soudan du Sud, pour évaluer des stocks de nourriture et de matériel de secours. L'institution internationale a en outre réclamé une enquête sur des violations présumées des droits de l'homme dans la région. Les tensions se sont multipliées dans cet État, qui abrite la majeure partie des réserves pétrolières recensées du pays, à l'approche de la sécession du Sud début juillet. Aujourd’hui, en particulier dans les Monts Nouba, les stocks de nourriture, essentiellement basés sur les réserves de sorgho, sont trop juste pour le million et demi d’habitants de cette zone soumise à des bombardements réguliers de la part du régime de Khartoum, qui fait face depuis un mois et demi à une rébellion dans la région.

Vers Djouba aussi, l'insécurité règne

Le nouvel état sud-soudanais n’est pas en reste lui non plus en matière de violence. D'après les Nations unies, il y aurait eu une soixantaine de morts et 985 blessés dans l'État de Jonglei lors d'affrontements entre tribus. Ces combats meurtriers commencés le 18 août entre Murle et Lou Nuer ont éclaté à cause de divergences concernant la possession des troupeaux. L'élevage représente aujourd’hui encore la majeure partie de l'économie locale.

Entre le 1er janvier et le 30 juin 2011, l'Onu a recensé 2 368 morts violentes au Soudan du Sud. L'indépendance officielle du 9 juillet dernier n'a rien changé à l'affaire. Comme avant l'indépendance, Djouba accuse Khartoum d'armer des tribus rivales et de provoquer des insurrections pour ébranler la région et contrôler le pétrole. Le Soudan du Nord rejette ces accusations. Et en attendant, ces violences chroniques empêchent l'essor d'investissements étrangers pourtant fortement attendus au sein du 193ème membre des Nations unies dont l'avenir dépendra essentiellement de sa capacité à créer au plus vite de la confiance et de la sécurité sur son territoire.

(avec agences)


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