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Sécheresse : les chefs d'États africains mettent la main à la poche... le FMI aussi

 

Le 25 août, au siège de l'Union africaine à Addis Abeba, s'est tenue une conférence destinée à lever des fonds pour lutter contre la sécheresse et la famine en Afrique de l'Est. Cette catastrophe naturelle menace plus de douze millions de personnes. Les chefs d’États africains vont devoir mettre la main à la poche.

« Je veux que tous les Africains agissent contre la faim en donnant de l'argent ou des biens en nature pour une assistance d'urgence et vitale à nos frères et sœurs de la Corne de l'Afrique », a récemment affirmé Jean Ping, le président de la commission de l'Union Africaine (UA), dans un communiqué. Il faut dire que le temps presse. Selon le bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'Onu (Ocha), seul $ 1,3 milliard aurait été levé depuis un mois sur les $ 2,4 milliards nécessaires pour endiguer la sécheresse et la famine qui frappent l'Éthiopie, Djibouti, le Kenya, l'Ouganda, et la Somalie. Pour trouver le milliard manquant, l’Union africaine compte sur la générosité et la réactivité des chefs d’États africains en exercice très critiqués par les analystes et autres ONG présentes à Addis Abeba, partenaires de cette campagne d'appels aux dons baptisée « Les Africains agissent pour l'Afrique ».

Par cette action, ce groupe de pression n’hésite pas à dénoncer l’incapacité des gouvernants africains à gérer cette sécheresse, interrogeant au passage leur capacité à éviter ce genre de catastrophe, interrogeant aussi leur responsabilité dans le sous-développement des régions les plus touchées. « Des décennies de marginalisation, de négligence et de sous-investissement chez les pastoralistes et les petits producteurs agricoles, souvent des femmes, ont conduit à la crise actuelle », accusent certains promoteurs de cette campagne de levée de fonds. Selon eux, la conférence d'Addis Abeba devrait mobiliser au moins $ 50 millions.

Un début, mais un début seulement. Cet argent « africain » reste malgré tout de peu de poids et ne suffira pas à masquer la dépendance totale du continent face aux grandes institutions internationales, ONG et autres organisations confessionnelles puissantes comme l'Organisation de coopération islamique (OCI) qui vient de promettre $ 350 millions pour la seule Somalie.

Le FMI propose des facilités de crédit aux pays les plus touchés

Hier, Christine Lagarde et le FMI sont montés à leur tour au créneau se disant prêts à « contribuer autant que possible à l'effort international d'assistance » à la Corne de l'Afrique. La directrice générale du FMI a tenu à montrer l’implication de son institution : « Nous travaillons en lien étroit avec les pays de la région qui sont touchés, dans nos domaines de savoir-faire, notamment en ce qui concerne l'évaluation des conséquences économiques des événements et des besoins de financement qui en découlent. Le FMI se tient prêt à fournir une assistance financière aux pays touchés, à la fois en augmentant son soutien accordé par le biais de ses programmes déjà en place, et, en cas de besoin, par le biais de notre facilité de crédit rapide », a-t-elle précisé.

Cet instrument devrait permettre d'apporter rapidement une aide financière aux pays à faible revenu qui se heurtent à un problème immédiat de balance des paiements. Le Fonds examinerait actuellement des demandes d'assistance supplémentaires de la part de Djibouti et du Kenya, deux pays déjà aidés par le FMI. Reste à savoir si ces crédits viendront alourdir la dette déjà faramineuse dont souffrent tous ces pays. Apparemment, rien ne dit au FMI qu’un crédit s’apparente à un don.

(avec agences)


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