STRATÉGIES

ET INVESTISSEMENTS

EN AFRIQUE


BTP & TRANSPORT
Transport aérien

L’obscur renflouement d’Air Zimbabwe

 

Criblée de dettes et clouée au sol depuis le 29 juillet, Air Zimbabwe vient toutefois d’acheter 2 Airbus pour plus de $ 350 millions, grâce à un financement de la compagnie minière Mbada.

Comment faire pour acheter deux nouveaux avions pour un coût supérieur à $  350 millions alors que l’on a une de dette de $ 110 millions et que tous vos pilotes sont en grève ininterrompue depuis 1 mois ? Air Zimbabwe, la compagnie aérienne publique du pays dirigé par Robert Mugabe détient certainement la solution. Elle vient en effet d’acquérir un A340 et un A320 (deux A340 pour $ 500 millions selon d’autres sources) pour rajeunir une flotte plus que vieillissante, alors même qu’elle croule sous les dettes et qu’aucun de ses avions n’a pu décoller depuis le 29 juillet en raison du non-paiement des arriérés salariaux qui ont conduit les pilotes à se mettre en grève.

Même si tous les détails de l’affaire ne sont pas encore parfaitement éclaircis, il apparaît qu’Air Zimbabwe aurait disposé d’un financement exceptionnel de la part de Mbada mining, la joint venture entre la compagnie étatique zimbabwéenne (ZMDC) et la minière sud-africaine Grandwell (New Reclamation Group) qui opère la très controversée mine de diamants de Marange.

Financement parallèle

Le problème est que la transaction n’est pas passée par l’administration de Tendai Biti, le ministre des Finances qui fait partie du MDC, parti d’opposition historique à celui le R. Mugabe, le Zanu-PF. D’autre part, la ZMDC ainsi que son directeur général très proche de la présidence, Robert Mhlanga, sont sous le coup de sanctions de la part de l’Union européenne. De fait, les Airbus n’auraient pas été achetés directement à EADS, mais via un tiers qui pourrait être une compagnie asiatique.

De manière générale, T. Biti s’est plaint à maintes reprises de n’avoir jamais vu un seul dollar en provenance de Mbada et a diligenté une enquête pour mettre à jour un réseau parallèle de financement dirigé par le Zanu-PF. Pour l’heure, une vingtaine de pilotes a déjà été envoyée en formation à Hambourg (Allemagne), Madrid (Espagne) et Toulouse (France).


Du même auteur :