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DEVELOPPEMENT DURABLE | |
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Taxé de complaisance envers les entreprises auxquelles il accorde son label, le WWF connaît une crise sans précédent qui divise ses salariés.
Alors que l’association écologiste souffle sa cinquantième bougie, l’heure n’est pas à la fête au World Wild Fund for nature (WWF). En particulier pour son directeur général France, Serge Orru, accusé par les salariés de l’ONG de bafouer les principes fondamentaux de l’association. Outre les différends salariaux qui ont occupé plus tôt dans l’année le WWF France, Serge Orru est dans la ligne de mire pour avoir été trop laxiste avec les entreprises avec lesquelles l’ONG a établi des partenariats pour un développement durable. Le principe est simple : en échange de € 400 000 maximum par an, le WWF propose une mission de conseil aux entreprises afin qu’elles réalisent les objectifs qu’elles se sont fixés. En France, 14 entreprises ont signé.
Mais cette démarche a ses revers. D’une part, en vertu du pacte, l’ONG critique et apporte ses conseils, mais ne le fait jamais en public. D’autre part, un écart important s’est creusé entre les salariés chargés de développer ces partenariats fructueux et les scientifiques de l’ONG. « Nous ne sommes pas associés au processus de sélection en amont, explique un ancien expert à l’hebdomadaire français L’Express. Résultat, il nous arrivait parfois de devoir travailler avec des entreprises pour lesquelles l'évolution des pratiques nous semblait impossible. »
Ovni parmi les associations écologistes pour avoir développé cette pratique, le WWF pourrait le payer. Un reportage de la télévision allemande, « Le pacte avec le Panda – que cache le WWF ? », pointe notamment les partenariats avec des entreprises produisant de l'huile de palme. De façon générale, le WWF est taxé d’accorder un peu trop facilement son label aux entreprises. Et pour cause : en 2010, ces dernières ont rapporté € 3 millions rien que pour la France.
Serge Orru se défend, arguant que ces partenariats sont le seul moyen de faire réellement avancer les choses. Un argument contredit par la position de l’association qui refuse toujours de discuter avec les pétroliers ou les entreprises du nucléaire.