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La Côte d’Ivoire affiche ses ambitions dans le secteur touristique à travers son plan « vision 2015 » sur cinq ans. Le pays vise 500 000 touristes d’ici à 2015.
Aujourd'hui, « la paix est revenue, la sécurité s’améliore de jour en jour et les Ivoiriens sont à la tâche », a expliqué le ministre ivoirien du Tourisme Charles Aké Atchimon en conférence de presse. Il est venu en personne au salon des professionnels du tourisme, IFTM-Top Resa, à Paris pour « montrer qu'on peut investir dans ce secteur en Côte d'Ivoire ». Et sa patience et persévérance, dans un environnement extrêmement bruyant lors de cette conférence ont peut-être encore plus convaincu les opérateurs présents, de sa volonté de relancer le secteur.
Partant du principe que le tourisme constitue un moteur de développement économique et social, Charles Aké Atchimon avoue qu’il lance une politique ambitieuse pour le secteur, tracée dans un plan quinquennal. Il s’est fixé pour objectif d’accueillir 500 000 touristes d'ici 2015. Et de faire passer les recettes du tourisme de € 76,5 millions, soit 0,5 % du PIB à € 305millions, soit 2% du PIB d’ici 2015. Pour y parvenir, le chantier est de taille : « tout est à (re)construire », aussi bien dans le domaine des infrastructures hôtelières que celui de la formation du personnel.
Le bilan de santé dressé par le ministre sur le secteur est sévère : la capacité hôtelière en quasi-stagnation est passée de 12 000 à 12 415 chambres entre 2002 et aujourd’hui. Du fait de la crise qu’a traversé la Côte d’Ivoire ces dix dernières années, le tourisme local (nationaux et résidents) est en chute libre tout comme le tourisme intra-régional et le tourisme international. Le nombre de touristes arrivés à l'aéroport d’Abidjan est passé de 380 000 par an à 250 000 en 2010, avec des trous à 200 000 en 2001 et à moins de 100 000 en 2002.
Pour relancer le secteur, Charles Aké Atchimon compte s’appuyer sur « des partenariats avec le secteur privé, mettre un accent particulier sur la formation d’un personnel de haut niveau en matière de tourisme et d’hôtellerie, développer le tourisme intérieur et remettre à niveau les sites touristiques existants ».
Parmi les chantiers en cours, le ministre du Tourisme cite entre autres : le projet d’un code du tourisme qui sera soumis au gouvernement au début octobre 2011 ; la mise en conformité des établissements de tourisme aux normes internationales avec le classement de ces établissements ; la création d’une police spécialisée touristique ; la remise à niveau du Centre d’Application des métiers du tourisme et de l’hôtellerie de Daoukro et la création d’un Institut supérieur du Tourisme et de l’Hôtellerie de Yamoussoukro ; la réhabilitation de la Réserve de Faune d’Abokouamékro (District de Yamoussoukro).
Le tourisme est devenu une priorité : « un moyen de développement économique et social » qui permettra aux jeunes de trouver un emploi, insiste-t-il. Le plan quinquennal mis en place par le gouvernement table sur une mise en valeur des différents produits touristiques, le traditionnel tourisme balnéaire, mais aussi le tourisme culturel, l’écotourisme, mais encore plus innovant, l’agritourisme. Un circuit « au cœur du chocolat » sera proposé, avec au programme visite des plantations de cacao, participation à la cueillette, visite des usines… et dégustation.