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Production de cacao record en Côte d’Ivoire

 
fèves de cacao séchées
Grâce à de bonnes conditions climatiques, la production de cacao pour la campagne 2010/11 a atteint 1,5 million de tonnes. Photo: Nestlé

En Côte d'Ivoire, la production de cacao a atteint un record de 1,5 million de tonnes en 2010/11. Une réforme de la filière doit être dévoilée en octobre. Le ministre de l’Industrie préconise la transformation locale des matières premières agricoles.

La production de cacao a atteint un volume record de 1,5 million de tonnes pour la campagne 2010/11, malgré la crise post-électorale. Cette bonne nouvelle a été annoncée le 3 octobre par le comité de gestion de la filière café-cacao (CGFCC), qui explique cette performance par les conditions climatiques favorables.

La production du premier producteur mondial de cacao « a atteint un niveau record de plus de 1,48 million de tonnes au 25 septembre 2011, soit une hausse de plus de 25 % par rapport à son niveau de 2010 », a déclaré la présidente de cette structure publique, Massandjé Touré-Litse, à l’occasion du lancement de la campagne 2011/12 à Abidjan.

Faible Transformation

Compte tenu de la très faible transformation du cacao sur place, les exportations des fèves s’élèvent à « 1,417 million de tonnes » contre environ 1,2 million l'an dernier, soit une hausse de 16 %, souligne M. Touré-Litse. « Face au blocus imposé par l’Union européenne, pendant la crise électorale, certains opérateurs économiques ont préféré transformer sur place une partie de leurs fèves », fait aussi observer le directeur du Port autonome de San Pedro (principal port exportateur de cacao), Hilaire Lamizana.

Le ministre de l’Industrie de Côte d’Ivoire, Moussa Dosso, présent à Paris dans le cadre d’une rencontre économique organisée par Ubifrance, le 4 octobre, a insisté sur l’importance de la transformation des matières premières. « Le taux de transformation du cacao est inférieur à 1,5 % de la production », regrette-t-il. Il dresse le même constat pour nombre d’autres produits agricoles, comme l’anacarde. Mais le gouvernement veut faire grimper le taux de transformation à près de 50 %, grâce à la promotion de l’investissement privé.

Bras de fer sur le cacao

Le cacao et le café représentent 40 % des recettes d'exportation du pays et environ 15-20 % de son PIB. On peut comprendre que la filière cacao a été un des enjeux de la crise post-électorale entre le président sortant Laurent Gbagbo et le président élu, reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara, finalement investi en mai. Pour asphyxier le régime alors en place, A. Ouattara avait demandé le 24 janvier aux exportateurs de cacao et de café de suspendre leurs activités. Cet embargo soutenu par l’Union européenne visait à priver le président sortant Laurent Gbagbo de la manne financière que représentent les taxes sur l’exportation du cacao. L’embargo levé, le 10 mai 2011, un premier navire quittait le port d’Abidjan avec 1 800 tonnes de fèves de cacao. Pour sa part, le CGFCC reconnaît que les mesures d'allègements fiscaux prises par le gouvernement A. Ouattara après la crise ont favorisé l'évacuation des stocks accumulés.

Réforme attendue de la filière

Réclamée, voire exigée par les bailleurs de fonds internationaux depuis des années, la réforme de la filière cacao/café sera dévoilée en octobre, a promis le président Alassane Ouattara. La réorganisation de la filière sous l’égide d’une structure unique de gestion vise à éradiquer la corruption qui gangrène le secteur du cacao et à stopper les exportations clandestines vers les pays voisins, comme le Ghana, deuxième producteur mondial. L’annonce du Ghana, en mai dernier, d’une hausse de 54 % de sa production de cacao pour la saison 2010/11, laisse peu de doutes quant à la réalité de ce phénomène.

Cette réforme devrait permettre aux paysans ivoiriens de percevoir 50 % du prix d’achat international. Les très bonnes récoltes de ces dernières années ne doivent pas masquer les problèmes : les rendements ne cessent de baisser, notamment à cause du vieillissement des cacaoyers. Les opérateurs s’inquiètent aussi de la baisse de qualité des fèves.

Les prix

Mais avant la réforme, le comité de gestion actuel a fixé le prix d'achat du cacao aux planteurs ivoiriens à FCFA 1 000 (€ 1,52) le kilo, un niveau plutôt satisfaisant pour les cultivateurs. Au plus fort de la crise en 2010, ce prix atteignait FCFA 1 100 (€ 1,67). Quant à la principale taxe à l’exportation, le Droit unique de sortie (Dus) elle devrait rester inchangée à 22 % du prix marchandise & fret (prix Caf – coût assurance fret).


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