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Depuis plusieurs mois, les actes de piraterie se sont multipliés au large du Bénin. Inquiet, le pays prend des mesures avec l’appui de son voisin le Nigeria, mais aussi de la France, de la Chine et des États-Unis.
Inconnu sur la carte qui recense les actes de piraterie, le Bénin a vu en quelques mois sa tranquillité basculer. En août dernier, le Bureau maritime international (BMI) estimait que le nombre d’attaques de navires avait explosé au large du Bénin. Ainsi, 20 incidents ont été rapportés dans les eaux béninoises depuis début 2011, alors qu’aucun incident n’avait été rapporté l'an passé. Comme en Somalie, les pirates vont de plus en plus loin, et ceux qui opèrent au large du Nigeria, après avoir écumé leur région, n’hésitent plus à faire un tour chez le voisin.
Cette situation est « très préoccupante », selon Michael Howlett, directeur adjoint du BMI. Il estime qu'un renforcement de la sécurité maritime au Nigeria a pu « déplacer temporairement le problème au Bénin ». Les eaux nigérianes sont toujours considérées comme dangereuses, le 8 octobre un tanker était encore détourné. Face à cette menace, le Nigeria et le Bénin se sont alliés et ont inauguré fin septembre un programme de patrouilles maritimes conjointes. L'initiative doit durer six mois, le temps que le Bénin se dote de moyens propres pour surveiller ses côtes. Une initiative commune « bienvenue », selon M. Howlett, car au-delà des autorités béninoises, le phénomène préoccupe. Le représentant en Afrique de l'Ouest du secrétaire général des Nations unies Saïd Djinnit, a effectué une visite le 7 octobre pour assurer le président béninois, Boni Yayi « de l'entière disponibilité » de l'Onu « pour assister le Bénin » face à la piraterie.
L’aide extérieure
Outre ces patrouilles conjointes, les autorités béninoises multiplient les appels aux bailleurs de fonds pour les soutenir dans cette lutte contre la piraterie. Le pays doit s’équiper et se former pour engager cette lutte. La Chine a fait don en septembre d'environ € 4 millions au Bénin, pour l'achat d'un patrouilleur. Un centre de surveillance radar est en construction à Grand-Popo (sud-ouest), et sera équipé par la France. Avec celui déjà en fonction à Cotonou, les 125 km de côtes seront alors couverts, selon le chef d'état-major des forces navales, Maxime Ahoyo. Le pays a en outre commandé deux avions de surveillance maritime et encore trois navires-patrouilleurs.
La formation est aussi assurée par les marines française et américaine qui ont entraîné en août des officiers béninois et deux capitaines de frégate français ont été mis à disposition du pays.« La France accompagne le Bénin dans cette lutte, car le phénomène de piraterie est une préoccupation internationale », a expliqué à l'AFP l'ambassadeur français au Bénin, Jean-Paul Monchau. Et puis, c’est aussi un groupe français, Bolloré, qui gère le terminal à conteneurs du port de Cotonou.Pour rappel, le port de Cotonou qui dessert les pays enclavés de la sous-région (le Mali, le Niger et le Burkina Faso) mais aussi le Nigeria voisin, compte pour plus de 60 % dans le PIB du pays.
« À cette allure, si rien n'est fait, les propriétaires des navires vont boycotter le port », s'inquiète sous couvert d'anonymat une source à la présidence. Le président Boni Yayi multiplie les démarches pour obtenir des soutiens. Après une visite à son homologue nigérian Goodluck Jonathan, il doit rencontrer Nicolas Sarkozy fin octobre à Paris.
Sur mer, les vedettes montées d'armes automatiques et les patrouilleurs venus en renfort du Nigeria voisin croisent jour et nuit. La traque des pirates a commencé, constate l’AFP.