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Le forum Solidarité pour l'eau dans les pays du Bassin du Niger organisé par le Mali et la fondation Jacques Chirac, qui s’est tenu du 17 au 18 octobre à Bamako, a mis l’accent sur la menace écologique qui plane sur le fleuve Niger.
« Un péril écologique guette le fleuve Niger, troisième fleuve d'Afrique », s'est inquiété le 17 octobre à Bamako le président malien Amadou Toumani Touré à l’ouverture du Forum Solidarité pour l'eau dans les pays du Bassin du Niger devant ses homologues burkinabè Blaise Compaoré, nigérien Mahamadou Issoufou et tchadien Idriss Deby Itno.
Le contre-exemple du lac Tchad
Le 3ème plus grand fleuve d’Afrique, le fleuve Niger, long de 4 184 km, traverse cinq États africains. Plus de 110 millions de personnes vivent d’activités liées directement au fleuve, principalement de la pêche et de l’agriculture et l'élevage. Mais, depuis les années 1980, le phénomène de sécheresse et d’avancée du désert s’accélèrent. « Il conditionne la vie de plusieurs millions de nos populations, en tant que source d'alimentation en eau potable et source principale pour l’agriculture, l’élevage et la pêche », a déclaré le chef de l'État malien.
Le président Deby Itno a estimé que quelque FCFA 600 milliards (près de € 915 millions) étaient nécessaires pour prévenir ce péril écologique. Il a exhorté à des actions urgentes, pour éviter une situation similaire à celle du Lac Tchad, qui n'occupe plus que 10 % de sa superficie d'il y a 50 ans.
Droit à l'eau
Cette rencontre vise à mobiliser en faveur du droit à l'eau et à l'assainissement dans la région du fleuve Niger et encourager la gestion solidaire des ressources fluviales, selon la fondation Chirac. Les problèmes de pollution, d’érosion, d’envahissement de la jacinthe d’eau et l’ensablement sont abordés au cours des deux journées. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du processus régional africain de préparation du forum mondial l’eau, piloté par l’AMCOW (Africain Ministers’ Council on Water) et ses conclusions seront présentées officiellement comme contribution des pays du bassin du Niger lors du 6ème forum mondial de l’eau qui se tiendra les 12 et 17 mars 2012 à Marseille.
Le droit à une eau potable a été reconnu en juillet 2010, comme un droit fondamental par les Nations unies. « Il faut une traduction concrète au droit à l'eau (...), alors que 69 % des populations n'ont pas accès à un assainissement de base et que plusieurs centaines de milliers d'êtres humains, dont une majorité d'enfants en bas âge, y meurent encore chaque année d'avoir bu une eau insalubre », a indiqué Jacques Chirac dans un message lu en son nom au forum par Michel Camdessus, ex-directeur du FMI.
La rencontre de Bamako se tient également à l'initiative de l'Autorité du Bassin du fleuve Niger (ABN), qui regroupe le Burkina Faso, le Bénin, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Tchad.
(Avec AFP)