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POLITIQUE | |
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Paul Biya rempile pour un sixième mandant consécutif à la tête du Cameroun avec 77,9 % des suffrages. La Cour suprême a officialisé sa réélection le 21 octobre tandis que l’opposition (22 candidats) rejette le résultat et que l’ambassadeur des États-Unis parle d’ « irrégularités à tous les niveaux ». La France prend également ses distances, sur le tard.
Le succès est large : sans surprise, le candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), l’inamovible Paul Biya, a été reconduit à la tête du Cameroun après un scrutin dont la régularité et le résultat sont loin de faire l’unanimité. Le président sortant a recueilli 77,9 % des suffrages contre 10,7 % pour le second, l'opposant historique John Fru Ndi.L’opposition (22 candidats) avait déjà déposé une quinzaine de recours dans la semaine précédant le résultat, dont la plupart a déjà été rejetée.
Paul Biya est arrivé en tête dans la quasi-totalité des circonscriptions. La veille, l’ambassadeur des États-Unis, Robert Jackson, s’est fait le porte-parole de la Maison blanche pour pointer « des incohérences et des irrégularités à tous les niveaux » le jour du scrutin. Selon lui, de nombreux facteurs ont permis la possibilité de votes multiples.
De son côté, la France a également souhaité prendre du recul et le Quai d'Orsay qui prend acte du résultat, constate tout de même que le scrutin a été entaché de « nombreuses défaillances et irrégularités ». Dans ce communiqué en date du 22 octobre, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero, explique que « la France souhaite que des mesures soient prises pour que celles-ci ne se reproduisent pas lors des scrutins législatifs et municipaux de 2012 ». Une prise de position qui contraste singulièrement avec celle qui prévalait jusque la veille, lorsqu'Henri de Raincourt, ministre de la Coopération, expliquait lors d'une conférence de presse en marge d'une réunion sur le G20 que la position française s’était « basée très exactement sur les conclusions d'une commission internationale d'observateurs qui a dit que le déroulement des élections au Cameroun s'était effectué dans des conditions acceptables ».