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Deux candidats vaccins contre le paludisme donnent d'ores et déjà de bons résultats. Le dernier permet même de diviser par deux les risques de contracter une maladie qui tue encore plus de 700 000 Africains chaque année.
Les derniers résultats de l’essai clinique phase 3 du vaccin contre le paludisme du laboratoire anglais GlaxoSmithKline (GSK), ont montré que des injections expérimentales à de jeunes enfants divisent par deux le risque de développer la maladie. Les premiers résultats ont été publiés dans la revue médicale New England Journal of Medicine et présentés le 18 octobre au Forum sur le paludisme organisé à Seattle aux États-Unis, par la Fondation de Bill et Melinda Gates. Très engagé dans la lutte contre cette maladie à travers le PATH Malaria Vaccine Initiative créé en 2001, l'organisme a cofinancé cette recherche.
L'essai clinique de ce vaccin dénommé RTS,S, le plus avancé contre le paludisme, a été mené dans sept pays d'Afrique subsaharienne (Burkina Faso, Gabon, Ghana, Kenya, Malawi, Mozambique et Tanzanie). Il a montré que trois doses permettent de réduire le risque de paludisme de 56 % et de 47 % pour la forme la plus grave - quand la maladie touche des organes comme le cerveau ou les reins et devient alors fatale.
L'analyse de ces résultats, portant sur une période d’un an suivant la vaccination, a été effectuée sur des données provenant des 6 000 premiers enfants âgés de 6 à 17 mois vaccinés. Les résultats sont encore attendus pour un groupe de nourrissons, âgés de 6 à 12 semaines - l'âge de nombreuses vaccinations.
La mise au point d’un vaccin contre le paludisme serait aussi une première dans la vaccinologie : s’il existe de nombreux vaccins contre les virus et les bactéries, il n'en existe encore aucun contre les parasites, un micro-organisme plus complexe. Autre difficulté dans le cas du paludisme est qu’il existe cinq espèces de parasites. Le nouveau vaccin s'attaque à la forme la plus meurtrière, le Plasmodium falsiparum.
Autre candidat vaccin
Le 15 septembre dernier, les résultats d’une autre voie de recherche, complètement différente, paraissaient dans la même revue New England Journal of Medicine. Menée par un médecin français, Pierre Druilhe, cette étude porte sur un anticorps repéré dans un village sénégalais chez les personnes qui présentent une résistance à la maladie. Résultat : cet anticorps cible une protéine du parasite, MPS3. Les premiers résultats des tests effectués au Mali sur 400 enfants sont eux aussi très prometteurs, au moins autant que ceux du RTS,S.
Toutefois, il faudra patienter. Quelque soit le candidat vaccin, une fois son efficacité prouvée, il sera réexaminé par les agences sanitaires en Europe et dans les pays africains. « On a encore du chemin à faire », a commenté Tsiri Agbenyega, chercheur sur le RTS,S.
Le prix du vaccin de GSK n'a pas encore été fixé, mais le groupe britannique s'est engagé à ce qu'il soit le plus bas possible, c'est-à-dire au coût de production plus 5 %. « Nous ne ferons aucun bénéfice sur ce projet », a assuré le PDG, Andrew Witty.
En l’absence de vaccin, les efforts des autorités sanitaires ont porté ces dernières années sur les médicaments antipaludéens et sur les moyens préventifs, tels que les moustiquaires imprégnées. Des efforts qui portent leurs fruits : en 2009, le nombre de décès imputables au paludisme était de 781 000 contre 985 000 en 2000 (dont 90 % en Afrique), selon l’OMS. Cette maladie affecte principalement les enfants en bas âge et les femmes enceintes en Afrique subsaharienne.
Un vaccin est d’autant plus attendu que les premiers signes de résistances apparaissent au principal traitement curatif, l’artémisinine.
(Avec agences)