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Brésil-Afrique: Dilma Rousseff suit le chemin tracé par Lula

 

Comme son prédécesseur Luiz Inácio da Silva, la présidente du Brésil Dilma Rousseff mise sur le renforcement des relations avec l'Afrique, un continent riche en ressources de plus en plus convoitées par les grandes économies mondiales.

En octobre, Dilma Rousseff a effectué son premier voyage sur le continent africain depuis qu'elle a pris ses fonctions en janvier. La présidente brésilienne a visité l'Afrique du Sud, le Mozambique et l'Angola. Fin novembre, elle prévoit d'envoyer dans ces trois pays une délégation de l'Agence de promotion des exportations et d'industriels brésiliens en quête d'investissements et d'opportunités commerciales, ont rapporté des fonctionnaires à l’Agence France Presse.

Si en matière commerciale le Brésil maintient la priorité aux relations avec ses voisins du Mercosur, les experts affirment que le géant sud-américain souhaite nouer, à long terme, une association stratégique avec l'Afrique, dans le cadre de sa volonté de devenir la cinquième économie du monde d'ici à 2022, date du bicentenaire de son indépendance (du Portugal). Une politique qui passe à la fois par une politique d'échanges et d'accueil réciproque, mais également par des investissements massifs sur le continent africain.

Avec plus de la moitié de sa population d'origine africaine, et une politique de coopération (entre autres agricole) avec l’Afrique et d’investissement direct de plus en plus active, le Brésil est bien placé pour disputer une partie des vastes ressources minérales et des marchés africains à la Chine, aux États-Unis, à la France ou à la Grande-Bretagne, ont souligné des experts lors d'une récente conférence sur les Perspectives du Brésil pour 2022.

Le commerce entre le Brésil et l'Afrique a passé de $ 4,2 milliards en 2000 à plus de 20 milliards aujourd'hui, avec des exportations de $ 8,7 milliards par an (surtout en produits manufacturés) et des importations de 11,6 milliards (surtout de matières premières), d'après les chiffres officiels.

Le prédécesseur de D. Rousseff et son parrain politique, Luiz Inacio Lula da Silva, a été le premier président du Brésil à reconnaître l'importance de se tourner vers l'Afrique, où il s'est rendu au moins dix fois lors de ses deux mandats (2003-2010).

« Je pense que Dilma suivra la même politique mais avec moins d'intensité que Lula », a déclaré à l'AFP Pio Penna Filho, expert de l'Afrique à l'Université de Brasilia. D'après lui, l'Angola, le Nigeria et l'Afrique du Sud sont les pays qui pourraient devenir les partenaires stratégiques du Brésil au cours des prochaines années.

L'Afrique du Sud est partenaire du Brésil aussi bien dans le bloc des pays émergents des Brics (avec la Russie, l'Inde et la Chine) que dans l'Ibsa, qui groupe les trois géants de l'hémisphère sud (avec l'Inde).

L'Angola, pays lusophone, partage des liens culturels avec le Brésil : beaucoup des Brésiliens afro-descendants ont des esclaves angolais pour ancêtres. Ces six dernières années, Brasilia a octroyé plus de trois milliards de dollars de crédits à l'Angola, essentiellement pour des projets de reconstruction de routes et de ponts après la guerre civile.

Au Nigeria, premier producteur de brut de l'Afrique, la compagnie pétrolière brésilienne Petrobras a investi des centaines de millions de dollars dans le charbon, le pétrole, le gaz naturel et les énergies alternatives. La transnationale brésilienne est présente également en Angola, au Bénin, en Libye, en Namibie et en Tanzanie.

Parmi les entreprises brésiliennes actives sur le continent africain figurent aussi le constructeur Odebrecht en Angola et le géant minier Vale, qui a ouvert une nouvelle mine de charbon de $ 1,7 milliard au Mozambique en mai. Vale prévoit d'investir jusqu'à 20 milliards de dollars en Afrique au cours des cinq prochaines années.

(Avec AFP)


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