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Le Club de Paris annule une partie de la dette ivoirienne

 

La Côte d’Ivoire peut respirer, après avoir obtenu des créanciers du Club de Paris qu’ils annulent une partie de sa dette. Une mesure qui vient encourager les efforts engagés par les nouvelles autorités en vue de relancer l’économie et améliorer la sécurité du pays, ébranlé par une crise socio-politique ces dix dernières années.

Une bouffée d’oxygène pour la Côte d’Ivoire, en pleine relance post-crise. Les créanciers du Club de Paris et le gouvernement ivoirien ont trouvé un accord sur la restructuration de sa dette extérieure.

L’accord conclu le 15 novembre à Paris doit permettre de réduire le service de la dette de la Côte d'Ivoire envers les créanciers du Club de Paris de plus de 78 %, soit  $ 1 822 millions (dont 397 millions annulés) pour la période du 1er juillet 2011 au 30 juin 2014, selon un communiqué de ce groupe informel de créanciers publics.

Rééchelonnement des arriérés et intérêts

« À titre exceptionnel au vu de la capacité de paiement limitée de la Côte d'Ivoire, les créanciers ont également accepté de différer et rééchelonner sur 10 ans le remboursement des échéanciers dus par la République de Côte d'Ivoire sur sa dette court terme et post date butoir, et sur 8 ans les arriérés sur ces créances. Ils ont également convenu de différer tous les intérêts dus sur les montants traités », poursuit le communiqué.

Un préalable à d’autres effacements ?

« Cet accord est décisif pour la relance économique post-crise. Nous bouclons ainsi notre budget 2011 », s’est réjoui Charles Koffi Diby, le ministre ivoirien de l'Économie et des finances.

Cet accord - conclu selon les termes dits “de Cologne” élaborés par les créanciers du Club de Paris en vue de la mise en œuvre de l’effort intérimaire de l’initiative PPTE - fait suite à l’approbation, le 4 novembre, par le Fonds monétaire international (FMI) d’un nouvel arrangement de trois ans au titre de la facilité élargie de crédit au bénéfice de la Côte d’Ivoire.

Les autorités ivoiriennes ont annoncé qu’elles engageaient une démarche similaire auprès des créanciers privés et bilatéraux du pays, l’accord avec le Club de Paris ne suffisant pas à éponger l’intégralité de la dette.

Les ressources ainsi obtenues seront affectées aux objectifs prioritaires identifiés dans le cadre de la stratégie de réduction de la pauvreté, assure le gouvernement de Côte d’Ivoire. Toutes ces mesures d’allégement de la dette extérieure prises en faveur de la Côte d’Ivoire interviennent au moment où les nouvelles autorités du pays, arrivées au pouvoir après la crise post-électorale de la fin 2010 à début 2011, mettent en œuvre les politiques de réformes (notamment dans la filière café-cacao) qui les mèneront vers le point d'achèvement de l'initiative PPTE. Ce dernier permettant un nouvel allègement de dette par les créanciers du Club de Paris.

Le FMI encourageant

« L’activité économique semble se redresser plus vite que prévu, l’inflation est tombée de son sommet d’avril à 4,5% en juin-août et les résultats budgétaires sont meilleurs que prévu », soulignait le FMI dans un communiqué, début novembre. L’institution financière venait alors de concéder à la Côte d’Ivoire un prêt de $ 616 millions ainsi qu’un allégement de dette de 8 millions. Des premiers soins auxquels vient désormais s’ajouter l’effacement opéré par le Club de Paris, et qui pourraient inspirer les autres créanciers de la Côte d’Ivoire.


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