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Huile de palme

L’Indonésie fait grincer des dents

 

Sur les marchés asiatiques ce matin, l’activité était plutôt ralentie, les opérateurs hésitant quant à la direction à prendre face à la crise européenne et aux signes de reprise de l’économie américaine, et alors que s’ouvre ce soir l’importante Conférence indonésienne sur l’huile de palme et les perspectives de prix 2012 à Bali, qui s’achève aujourd’hui.

La moyenne des prix cette année devrait être record en raison de pluies inhabituellement fortes dans le Sud est asiatique qui a réduit la production, et d’une demande soutenue des pays émergents qui a compensé celle hésitante en Europe alors que la crise s’installait. La très forte envolée en début d’année compense la baisse enregistrée à partir du mois de mars, mais les cours demeurant à des niveaux exceptionnellement élevés sur les dix dernières années. 2012 devrait être plus sereine avec une production en hausse mais une demande qui demeurera naturellement forte dans les pays émergents en raison de la hausse démographique et du pouvoir d’achat.

La production indonésienne devrait augmenter de 1,5 Mt en 2012 par rapport aux 23-24 Mt en 2011, ce qui n’est pas très important au regard des progressions annuelles de 2 à 3 Mt enregistrées ces dernières années chez le premier producteur mondial. Mais les yeux sont plutôt rivés sur l’évolution en Malaisie : la production cette année serait de 18,3 Mt et ne devrait pas progresser de façon spectaculaire en 2012 en raison des restrictions de surfaces dédiées aux plantations.

Mais surtout, les couloirs de la conférence à Bali bruissent du mécontentement des représentants des marchés importateurs qui s’inquiètent des conséquences de la nouvelle politique fiscale indonésienne favorisant le raffinage local de l’huile au lieu de l’exporter brut. Frans Claassen, directeur général du Dutch Product Board of Margarine, Fats and Oils (MVO), avait demandé à son gouvernement d’évoquer le dossier avec les autorités indonésiennes ; les Pays-Bas représentent 2 Mt sur les 6 Mt que l’Union européenne importe chaque année. De son côté, l’Inde qui est aujourd’hui premier importateur mondial d’huile de palme brute a déjà protesté car ses unités de raffinage seront sous-utilisées. La Malaisie aussi s’en inquiète car le deuxième producteur mondial d’huile de palme craint la concurrence indonésienne pour sa propre industrie de raffinage au plan national. Elle s’allie également aux Européens face à l’Indonésie, et plus particulièrement aux Néerlandais car ce sont des entreprises malaises comme IOI Corp., Sime Darby, ou encore le singapourien Wilmar qui ont investir aux Pays-Bas et transforment sur place. 

Les Pays-Bas, de leur côté, ont démarré un lobbying actif auprès de Bruxelles afin qu’une huile de palme respectueuse de l’environnement soit exempté des droits d’importation de 3,8 %. Ce qui exaspère tant les autorités indonésiennes que malaises qui soulignent que les consommateurs ne sont guère réceptifs à l’huile de palme bio alors que leurs pays font d’importants efforts dans ce sens. Frans Claassen en convient : rares sont les filières qui parviennent en seulement 3 ans à ce que 10 % de la production mondiale respectent l’environnement.

A noter que le 9 décembre, l’Indonesia Commodity & Derivative Exchange ouvrira un contrat à terme sur l’oléine de palme.

De notre partenaire, Commod@frica


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