![]() |
ENERGIES | |
| Pétrole |
Un tribunal djiboutien a lourdement condamné le groupe Total pour une affaire de pollution dans le port.
Une amende record. Deux filiales du géant pétrolier Total, Total Djibouti et Total marketing Djibouti, sont condamnées par la chambre correctionnelle de première instance de Djibouti à verser la rondelette somme de € 200 millions de dommages et intérêts et € 4 millions d’amende à l’État de Djibouti.
« Il y a eu des poursuites pénales pour faits de pollution contre nos deux filiales à Djibouti, Total Djibouti et Total Marketing Djibouti », a confirmé un porte-parole de Total cité par l’AFP. Chacune des deux sociétés a été condamnée « à € 2 millions d'amende et 100 millions de dommages et intérêt », a-t-il poursuivi cette source, sans vouloir faire plus de commentaire sur le fond, la procédure étant en cours.
Les faits reprochés au groupe pétrolier remontent à 1997 et concernent une pollution pétrolière au port de Djibouti suite à une fuite dans un vieil oléoduc. Une autre société pétrolière, Oil Lybia Djibouti a, elle aussi, été condamnée à € 100 millions de dommages et intérêts et à € 2 millions d'amende, pour les mêmes faits de pollution reprochés à l'ancienne société Shell Djibouti qu'elle a depuis rachetée.
Ces sociétés sont reconnues « coupables du délit de mise en danger de la vie d’autrui », en raison de cette pollution. Le tribunal de Djibouti a enjoint les trois sociétés à « remettre en état les sites touchés par la pollution » dans un délai de trois mois, sous peine d’une astreinte de plusieurs millions d’euros par jour de retard. Le groupe Total qui a été informé de cette décision le 17 novembre a décidé de faire appel deux jours plus tard devant la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Djibouti. Il a, dans la foulée, rappelé deux cadres de la société, dont le directeur général du groupe à Djibouti, à son siège parisien. La plainte remonte à 2001 et elle avait été relancée l'an dernier. Cette condamnation du groupe pétrolier français par la justice de Djibouti intervient alors que les relations entre la France et ce pays d’Afrique de l’Est qui abrite une importante base militaire française se sont un peu tendues ces dernières années. Certains observateurs voient dans cette décision de justice un moyen pour les autorités djiboutiennes de mettre la pression sur Paris.
(Avec AFP)