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South Sudan Business Review : un magazine à l’image du pays

 

Tout bon expatrié l’a eue au moins une fois dans les mains : la South Sudan Business Review ! Le premier numéro (août-septembre) de ce bimensuel spécialisé « Économie sud-soudanaise » a littéralement submergé la nouvelle capitale. Mais son avenir est aussi indécis que celui de son pays. Explications.

Reportage de notre envoyé spécial à Juba

Sur les bureaux des chancelleries, des ministères, dans les restaurants et les salons des hôtels huppés, impossible de rater cette revue en papier glacé que les badauds feuillettent à la dérobée.

Il faut dire que la forme du magazine dénote fort dans le coin : avec son beau format A4 et ses pages en couleurs, on est loin de la grisaille des multiples quotidiens sud-soudanais en papier journal dont la qualité des très rares pages de publicité en couleurs est toujours, sinon salissante pour les mains, au moins désastreuse pour le message.

La forme, donc, est l’atout numéro un de cette revue fondée par l’homme d’affaires coréen Kim Kee Choon, qui a eu l’idée de créer sa revue au moment du référendum d’autodétermination de janvier dernier. Un coup de pub plutôt bien calculé :

« Ce ne fut pas une partie de plaisir… nous avons mis cinq mois pour publier ce premier numéro », explique-t-il dans son premier édito. « Il a fallu convaincre bon nombre des caciques pour leur démontrer combien un objet tel que ce magazine est fondamental pour attirer les investisseurs étrangers de passage… le résultat est là. »

Quant au fond : « Il y a à redire mais pour une première, je trouve ça bien… Il était normal de faire un focus sur la fête de l’indépendance » explique l’homme d’affaires. Résultat : plusieurs pages de festivités en guise d’introduction et quelques très belles photos de mode avec mannequins dinkas illuminent le magazine mais ont du mal à cacher une certaine pauvreté dans ce premier numéro où seules quelques interviews de ministres langue de bois viennent éclairer la lanterne des futurs investisseurs.

Le coup de pub fonctionne quand même bien. Et beaucoup aimeraient voir reconduit ce magazine avec plus d’infos et de qualités. Mais là encore tout est question d’argent et Kim Kee Choo le sait : « Cette revue est à l’image du Sud-Soudan. Si les gens veulent une revue de qualité, il n’y aura pas d’autres choix que d’investir. J’entends par là les ONG, les institutions financières internationales. Nos moyens sont limités et s’il n’y a pas d’aide de l’extérieur, alors... »

Alors la South Soudan Business Review aura vécu ! Ne lui souhaitons pas une fin aussi rapide. Un deuxième numéro devrait voir le jour d’ici Noël. Payant, cette fois-ci. Le montant de l’investissement, gardé secret, devrait au moins couvrir le coût de production des deux premiers numéros !


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