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En votant, le 5 décembre, à 95 % contre la fusion entre Radio France internationale et France 24, les salariés de RFI ont manifesté leur rejet du projet. Leur appel semble avoir été entendu par certains députés. Aujourd'hui, une mission d'information parlementaire sur la réforme de l'audiovisuel extérieur de la France (AEF), qui devait adopter son rapport final, a repoussé sa réunion pour laisser ouverte la possibilité d'un rapprochement sans fusion des deux sociétés.
Les salariés de RFI craignent que la fusion avec France 24 se fasse « au détriment de RFI. La mise en place et le fonctionnement d’une télévision hertzienne mondiale coûtent cher. Le risque, c’est « de déshabiller Pierre pour habiller Paul », indique le personnel en grève de la radio dans une lettre ouverte adressée aux auditeurs.
Ils redoutent également une fusion des rédactions de RFI et France 24. « Notre direction nous parle de « trans-média », de journalistes qui travailleront à la fois pour la radio, la télévision et internet, qui assureront des directs en plateau, tout en préparant les sujets pour l’antenne. », précise le courrier.
Une mission d'information parlementaire concernant la réforme de l'audiovisuel extérieur de la France (AEF) devait se réunir aujourd'hui pour l'adoption de son rapport final. Cette réunion a été repoussée, vraisemblablement d'une semaine, certains parlementaires souhaitant inscrire la possibilité d'un simple rapprochement entre les deux structures dans le rapport final. la députée du Parti communiste français, Marie-George Buffet, membre de la mission, « souhaite que le report de ce vote permette à tous les députés de gauche de repousser le projet de fusion » entre RFI et France 24. Selon Mme Buffet, la fusion « mettrait en cause l'avenir même de RFI dont l'Elysée entend faire son porte-voix ».
Le Figaro, qui s'était procuré une copie du rapport initial, explique que les deux rapporteurs de la Commission, Christian Kert président de la commission des Affaires culturelles et de l'éducation, et Didier Mathus, président de celle des Affaires étrangères, se sont opposés sur la question de la fusion des rédactions.
S’ils sont « favorables à la création d'une entreprise commune », rapporte le site du Figaro, leurs avis divergent sur l'opportunité d'une « intégration des rédactions ». D. Mathus plaide pour un maintien de l'identité éditoriale de chaque médias tandis que Christian Kert, défend « une fusion à feu doux ».
Certains y voient une opportunité de moderniser la radio en faisant jouer les synergies entre les différents medias, notamment sur le web. « RFI et ses rédactions doivent évoluer et il y a un sérieux besoin de rajeunir les équipes », explique une cadre de la radio. Mais la façon dont le projet de fusion a été mené laisse des doutes quant au maintien d'une information de qualité et exclusive. « Malheureusement, le projet de fusion a été mal préparé et mal présenté. À aucun moment les chefs de services (rédaction, Ndlr) n’ont été consultés », précise la même source.
Le rapport parlementaire est également très critique vis-à-vis de la gestion de la crise depuis un an et met directement en cause le conflit entre Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent. Il préconise notamment une mise sous tutelle unique du ministère des Affaires étrangères.
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