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Le Kenya sauve la face en intégrant l’Amisom

 

L’intervention militaire kényane en Somalie, initiée le 16 octobre sous le nom de Linda Nchi, tourne au conflit régional.

Comme d’autres pays auparavant (États-Unis et Éthiopie notamment), les militaires kenyans s’enlisent dans le sud somalien. L’Éthiopie a donc décidé de venir en aide au gouvernement fédéral de transition somalien (TFG), à la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom) et au Kenya en ouvrant un front au nord du pays pour une « courte durée », a indiqué un responsable somalien à l’AFP, en admettant que des incursions éthiopiennes avaient déjà eu lieu en territoire somalien pour des « missions de reconnaissance ». Addis-Abeba répond ainsi à l’appel lancé par l’Igad (autorité intergouvernementale pour le développement rassemblant sept pays d’Afrique de l’Est (1)) à l’occasion de son 19e sommet extraordinaire tenu en Éthiopie le 25 novembre. Selon les informations dévoilées par le New York Times en octobre, l’Éthiopie, qui souhaitait intervenir en Somalie, s’était fait couper l’herbe sous le pied par le Kenya.

Double impact

Nairobi est entrée en guerre contre les milices shebab afin de protéger le nord de son territoire promis à d’importants développements d’infrastructures. Face aux difficultés rencontrées par tous les acteurs qui s’opposent aux milices shebab, les présidents du Kenya, de l’Ouganda et de la Somalie se sont retrouvés le 16 novembre à Nairobi pour une réunion qui a débouché sur la proposition d’intégrer les forces militaires kenyanes à la force panafricaine. Une proposition acceptée deux jours plus tard par l’Union africaine. Nairobi fait d’une pierre deux coups en se déresponsabilisant d’un éventuel échec tout en gagnant en légitimité.

L’armée kényane s’enlise en effet dans le sud du pays et ne parvient pas à prendre le port de Kismayo, enjeu financier stratégique pour les miliciens islamistes. L’idée est donc de prendre en étau les miliciens entre l’armée éthiopienne et l’armée kenyane. L’Amisom est aujourd’hui composée de moins de 10 000 hommes, essentiellement ougandais. Les soutiens de Djibouti, de la Sierra Leone et du Kenya, qui doivent intervenir avant la fin de l’année, porteraient leur nombre à 14 000. Un effectif insuffisant d’après l’Amisom qui estime à 20 000 le nombre de soldats nécessaires pour venir à bout des Shebab.

Soutien d’Israël

Ces derniers ont durci le ton ces dernières semaines. Les insurgés islamistes ont interdit à 16 organisations d’aide humanitaire, dont plusieurs agences des Nations unies, d’exercer dans les régions qu’ils contrôlent alors que la famine sévit toujours, les accusant « d’inconduite et d’activités illégales ». Des locaux de l’Unicef et de l’OMS on été pillés. Les Shebab ont également menacé l’Éthiopie de lourdes pertes humaines en cas d’intervention militaire directe sur leur territoire. Ce durcissement a lieu dans un contexte particulier. D’une part, l’armée kényane est bloquée par des conditions météorologiques désastreuses.

D’autre part, le premier ministre kényan Raila Odinga a obtenu le soutien de Benyamin Netanyahu lors d’un déplacement en Israël. « Les ennemis du Kenya sont les ennemis d’Israël » a déclaré le Premier ministre israélien, ajoutant que son pays faisait face à des « forces similaires qui tentaient de les mettre à terre », rapporte la BBC.

La réponse des islamistes somaliens, qui pourrait convaincre au sein de la population, ne s’est pas fait attendre : Cheikh Ali Mohamed Rage, porte-parole des Shebab, a ainsi déclaré « Nous voulons dire aux musulmans que nous partageons la même religion, la même foi et le même Dieu. Il est de leur responsabilité de soutenir leurs frères musulmans en Somalie parce que les chrétiens kényans sont allés chercher le soutien des juifs d’Israël ».


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