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Le projet de Pôle de croissance de Bagré, soutenu par la Banque mondiale, s’inscrit dans la stratégie de diversification de l’économie du Burkina. D'autres projets similaires seront menés au Burkina et dans d'autres pays africains.
Dans la région du Centre-Est, autour du barrage de Bagré, à 240 km de Ouagadougou, le paysage devrait changer rapidement. Si des activités agricoles et piscicoles se sont déjà développées, il s’agit de passer avec le « Pôle de croissance de Bagré » à une vitesse nettement supérieure. Le projet est ambitieux. « Il s’agit de créer 30 000 emplois environs, d’attirer de nombreux investisseurs dans le domaine agro-pastoral, hydraulique, piscicole, dans le commerce général et dans l’industrie. Tout cela va entrainer une grande émulation qui va nous permettre d’accroître sensiblement la production agricole de notre pays », s’enthousiasme le Premier ministre Luc Adolphe Thiao en visite sur les lieux en novembre dernier.
Ce projet de diversification de l’économie est soutenu par un don de la Banque mondiale de $ 115 millions, approuvé le 21 juin. Il s’inscrit dans le cadre de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) adopté par le gouvernement burkinabé. Le développement des activités économiques peut s’appuyer sur des infrastructures existantes : centrale hydroélectrique de 16 MW, couverture électrique de la zone exploitée, retenue d’eau (1,7 milliard de mètres cubes d’eau), des canaux primaires d’irrigation (46 km) et des aménagements hydro-agricoles en aval du barrage. Une zone de 500 000 hectares a été identifiée. Une entreprise de production de bétail existe déjà, mais elle ne tourne aujourd’hui qu’à 20 % de ses capacités, tout comme le centre d’élevage piscicole (utilisé à 10 %), précise la Banque mondiale.
Mais rendons à César, ce qui lui appartient. Si Bagré a été choisi comme pôle de croissance, il faut rappeler que pendant 15 ans et jusqu’en 2009, la coopération taïwanaise a appuyé le développement de la zone (riz, pisciculture, écotourisme). L’ambassadeur de Taïwan au Burkina Faso, Ming-Zhong Zhang, expliquait alors que le périmètre irrigué de Bagré est le symbole le plus représentatif de la coopération bilatérale entre les deux pays, en raison de l’importance de l’appui technique et financier, environ FCFA 12 milliards ont été globalement injectés, soit un montant moyen annuel de 900 millions.
Son prédécesseur avait d’ailleurs été clair : Tao Wen Lung, peu diplomatiquement avait affirmé : « Les transferts de compétence ont eu lieu. On ne peut accompagner quelqu’un à vie ! Pendant 10 ans, 20 ans ! L’année prochaine, les nationaux vont prendre la relève. Je serai très clair ! Si les nationaux ne peuvent pérenniser l’œuvre, il va de soi qu’il sera difficile pour nous de continuer à y injecter des milliards », rapporte L’Observateur Paalga.
Bagré affiche un fort potentiel pour le développement d’activités agricoles, agro-alimentaires ou les services et avec de réelles opportunités de commercialisation au regard de sa situation géographique, à cheval entre le Ghana, le Togo et le Niger, explique la Banque mondiale.
Ce projet, le premier de son genre, s’inscrit dans le programme de Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) mené par le gouvernement et appuyé par les bailleurs de fonds. Dans le pays, 5 autres zones géographiques ont été identifiées pour abriter un projet similaire. D’autres pays comme le Ghana, le Malawi et le Sénégal marchent dans les pas du Burkina.