![]() |
ECONOMIE | |
| Macroéconomie |
Standard & Poor's a confirmé sa note B pour le Bénin, avec une perspective stable. L’agence de notation estime que les conditions sont réunies pour accélérer les réformes.
Une fois les élections de 2011 passées, présidentielle et législatives, le Bénin retrouve un environnement favorable « aux réformes structurelles dont le pays a besoin », estime l’agence de notation. « Le président Boni Yayi a entamé son second mandat cette année et bénéficie maintenant d'une large majorité au parlement. Cette situation devrait permettre de sortir de l'impasse politique de ces dernières années », commente S&P. Des réformes urgentes sont attendues dans le domaine de la gouvernance, de la politique budgétaire, du service public et de l’amélioration du climat des affaires. Les premiers signes ne se font pas attendre. Le Fonds monétaire international a annoncé l'organisation d'une conférence à Cotonou le 17 janvier sur la réforme de la fonction publique au Bénin. Objectif de la conférence : dresser un bilan des progrès accomplis et passer en revue les défis à relever pour poursuivre cette réforme.
L’économie a recouvré quelques couleurs en 2011, après deux années de croissance en berne, impactées par la crise économique mondiale, des inondations dévastatrices en 2010, mais aussi l’effondrement d’une pyramide de Ponzi dans le secteur de la microfinance. Après une chute à 2,6 % en 2010, la croissance du PIB béninois s’est ressaisie en 2011. « La reprise s'est appuyée sur le rebond des investissements, la reconstruction post-inondations, l'activité florissante du Port de Cotonou et le redémarrage de l'agriculture », constate S&P. Elle devrait continuer à s'accélérer pour atteindre 4 % à 5 % par an entre 2011 et 2014. L'inflation devrait être modérée, notamment du fait des performances solides du secteur agricole.
Parmi les handicaps du pays, l’agence de notation souligne la faiblesse du revenu par habitant ($ 712 en 2010), l'étroitesse de sa base économique et l’ampleur des déficits courants. Pour autant, le Bénin peut compter sur ses atouts : un endettement public faible, une stabilité politique éprouvée et un environnement propice aux réformes.
La dette
Si la dette publique du pays est faible, « nous identifions un risque de dérapage budgétaire en raison de la hausse des demandes de dépenses, notamment de la part des fonctionnaires », s’inquiète S&P qui précise : « La structure des dépenses du Bénin ne bénéficie pas à la croissance, dans la mesure où plus de 70 % sont des dépenses courantes. Nous sommes particulièrement inquiets au sujet de l'augmentation récente des rémunérations dans le secteur public, qui risque d'aggraver la situation ». Le programme économique du FMI prévoit d’ailleurs de moderniser la fonction publique du Bénin, dont il juge la masse salariale trop élevée.
Déficits courants
Les statistiques officielles surestiment légèrement les déficits courants, une large part des importations étant réexportées clandestinement au Nigeria. Ils devraient diminuer à l'horizon des prévisions, à environ 6 % du PIB contre en moyenne 9 % du PIB entre 2007 et 2010. « Les déficits courants sont financés en grande partie par les aides des bailleurs de fonds, et nous pensons que la couverture des réserves devrait rester bonne à l'horizon des prévisions. »
Perspectives
« La perspective ʺstableʺ reflète la faible prospérité du pays et son manque de flexibilité budgétaire et monétaire, mais aussi le fait que l'endettement public du pays ne devrait pas beaucoup progresser à moyen terme », explique S&P.