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Le FMI incite le Bénin à accélérer les réformes

 
Port de Cotonou
La croissance économique au Bénin, estimée à 3,1 % en 2011, ne devrait guère progresser en 2012. Photo: vredeseilanden

À l’occasion de sa troisième revue du programme de Facilité élargie de crédit (FEC), le FMI demande au Bénin d’engager des réformes notamment dans le secteur public, les douanes et le port.

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné à Cotonou du 9 au 23 janvier 2012 dans le cadre de la troisième revue du programme de Facilité élargie de crédit (FEC), approuvée par le FMI le 14 juin 2010. Les entretiens ont porté sur l’évolution économique récente, y compris au Nigeria, pays voisin, la mise en œuvre des mesures inscrites dans le programme appuyé par la FEC et les réformes structurelles.

« La croissance économique est estimée à 3,1 % en 2011, soit 0,7 point de pourcentage en dessous des prévisions antérieures, à cause du ralentissement des activités portuaires, ce qui a gêné le commerce. La croissance économique ne devrait s’améliorer que de façon marginale en 2012, malgré la relance attendue des activités portuaires, à cause de l’impact de la crise financière internationale et de la hausse, intervenue en janvier 2012, du prix des hydrocarbures importés du Nigéria », a déclaré Mario de Zamaróczy, chef de mission pour le Bénin. Finalement, la hausse du carburant importé sera moins élevée que prévue : le président nigérian, Goodluck Jonathan, après une semaine de grève a fixé le prix du carburant 30 % en dessous de l’objectif initial décidé le 1er janvier.

« Malgré la bonne tenue des exportations non traditionnelles, le compte courant extérieur, dons exclus, devrait se détériorer légèrement en 2011, à cause de la hausse mondiale des prix des produits pétroliers. Il devrait s’améliorer en 2012 grâce à la bonne performance des exportations de coton. Par conséquent, le solde global de la balance des paiements devrait passer d’un léger déficit en 2011 (0,1 % du PIB) à un léger surplus (0,6 % du PIB) en 2012 », souligne Mario de Zamaróczy.

Quant aux recettes, le FMI note une collecte inférieure aux attentes, sur le second semestre 2011. « Les autorités ont réagi à la baisse des recettes en freinant les dépenses et en dégageant une marge sur la masse salariale. »

Du côté des réformes

Au Port autonome de Cotonou, la modernisation s’accélère avec le lancement des opérations du guichet unique, l’installation d’un scanner et la mise en œuvre d’un programme de vérification renforcée des importations. « Ces réformes se sont heurtées à une résistance initiale et à des problèmes de démarrage, mais devraient améliorer la collecte des recettes et l’efficacité du port à l’avenir », note M. de Zamaróczy.

Cependant, plusieurs réformes structurelles marquent le pas comme la politique salariale dans la fonction publique et l’informatisation des postes de douanes. La mission a donc recommandé aux autorités « d’accélérer la mise en œuvre de ces études et réformes structurelles critiques qui auraient dû être déjà achevées ». Le Bénin ne devra pas s’arrêter en cours de route. Le FMI discute déjà de nouvelles mesures structurelles pour la période à venir, notamment dans les domaines budgétaire et financier.

En janvier dernier, l’agence de notation Standard&Poor’s avait confirmé sa note B pour le Bénin, avec une perspective stable tout en notant la nécessité d’accélérer les réformes. « Le président Boni Yayi a entamé son second mandat cette année et bénéficie maintenant d'une large majorité au parlement. Cette situation devrait permettre de sortir de l'impasse politique de ces dernières années », commentait S&P.


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