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Sénégal: la tensions monte, l’UA envoie une mission d’observation

 
Statue de la renaissance africaine, Dakar
L’Union africaine déploie une mission d’observation pour l’élection présidentielle au Sénégal qui doit se dérouler le 26 février. Photo: Sylvie Rantrua

À une semaine du scrutin, la tension est de plus en plus vive. L’Union africaine déploie une mission d’observation pour l’élection présidentielle au Sénégal qui doit se dérouler le 26 février.

Plus la date de l’élection présidentielle se rapproche, plus la tension monte au Sénégal. Depuis le 14 février, toutes les manifestations réclamant le retrait de la candidature du président sortant, Abboulaye Wade, ont été réprimées. On compte déjà cinq morts depuis la validation le 27 janvier de la candidature du président sortant par le Conseil constitutionnel.

Mission d'observation de l'UA

Jean Ping, le président de la Commission de l’Union africaine (UA) a décidé de déployer une mission d'observation au Sénégal dans le cadre de l’élection présidentielle qui aura lieu le 26 février. Les premiers membres de cette mission, conduite par M. Olusegun Obasanjo, ancien président de la République fédérale du Nigeria, sont arrivés à Dakar le 18 février. Elle sera composée de parlementaires, de responsables de commissions électorales, d'ambassadeurs auprès de l'UA, de représentants d'organisations de défense des droits de l'homme et de la société civile africaine, indique le texte. Une porte-parole de la mission a précisé qu'elle serait composée « d'une quarantaine de membres ». Une mission d'observation de l'Union européenne, forte de 90 personnes, est également présente au Sénégal.

Suite aux violences pré-électorales au Sénégal, le Président en exercice de l’Union africaine, Thomas Yayi Boni, avait appelé « toute la classe politique et l’ensemble des autres acteurs concernés de ce pays au calme et à la retenue ». Il les avait en outre exhortés « à ouvrir sans délai un dialogue politique inclusif, en vue de garantir un processus électoral apaisé et transparent pour consolider les acquis remarquables enregistrés par le Sénégal tout au long de son histoire contemporaine et de son parcours démocratique ».

Echauffourés

Les tensions sont de plus en plus vives. Un rassemblement devant une mosquée de la capitale a tourné à l’affrontement avec les policiers. Un millier de musulmans de la confrérie des Tidianes s'était donné rendez-vous devant cette mosquée, la Zawiya El Hadj Malick Sy pour un rassemblement prévu d'avance, mais survenant deux jours après ce qui a été considéré par les membres de la confrérie comme une profanation. En effet, lors des violences qui se sont déroulées vendredi dernier(jour de la prière), un policier a lancé des grenades lacrymogènes dans la  mosquée.

Le gouvernement sénégalais a tenté, sans succès, de calmer les esprits, particulièrement échauffés après cet incident. « Je voudrais présenter, en mon nom personnel et au nom des plus hautes autorités de la police nationale, nos plus sincères excuses au calife général [de la confrérie et à ses disciples] », a affirmé le ministre de l'intérieur sénégalais dans une déclaration à l'APS.

Les fidèles, priant devant la mosquée, ont été rejoints par des leaders du Mouvement du 23 juin (M23, coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile), ainsi que par le célèbre chanteur Youssou N'Dour, dont la candidature a été invalidée par le Conseil constitutionnel. « Le rassemblement se déroulait dans le calme, mais selon des témoins, la venue d'une personnalité considérée comme proche du pouvoir, dont le nom n'a pas été précisé, a mis en colère des fidèles auxquels se sont joints des jeunes du quartier », rapporte l’AFP.

La profanation de la mosquée de Dakar, une première depuis le début de la contestation, a exacerbé les tensions dans la capitale et d'autres villes. Elle a profondément choqué les Tidianes. Des manifestations de colère ont eu lieu à Tivaouane (ouest), une des villes saintes des Tidianes, où la mairie tenue par un membre du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir), a été saccagée et incendiée.

Elu en 2000, réélu en 2007, A. Wade, candidat à sa propre succession, sillonne depuis deux semaines le pays,  se dit sûr de l'emporter au premier tour.  Le M23 estime qu'il a épuisé ses deux mandats légaux et juge illégale sa nouvelle candidature, ce que contestent les partisans du président qui soulignent que des réformes de la Constitution lui donnent le droit de se représenter.

(Avec AFP)


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