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Afrique du Nord : les défis agricoles perdurent

 

Malgré des campagnes céréalières exceptionnelles en 2008-09, dues à une excellente pluviométrie, n’efface pas les interrogations structurelles sur le secteur.

Le déficit foncier de la région, couplé à un climat peu favorable à la culture céréalière et à des ressources en eau limitées, entraînent forcément une balance commerciale agricole déficitaire. L’Afrique du Nord (Algérie-Tunisie-Maroc-Égypte) dispose d’une surface agricole utile de 27 millions d’hectares pour 150 millions d’habitants (France : 28 Mha pour 65 Mhab, Espagne : 25 Mha pour 40 Mhab). Seulement 5,8 Mha sont irrigués (21 % des terres).

60% de ces terres irriguées se trouvent en Égypte, qui profite de son quota-eau sur le Nil (55,5 milliards m3). Cette dernière a deux grands projets dans ses tiroirs, le projet Toshka (mise en valeur de 1,4 Mha de terres désertiques) et le projet canal de la Paix, qui doit relier le Nil (à son embouchure) au désert du Sinaï en passant sous le canal de Suez. Des projets réaffirmés depuis la crise, mais qui n’ont pas encore trouvé leurs financements ni la réponse au déficit de ressources en eau.

Au Maroc, le Plan vert adopté en 2008 s’appuie sur deux piliers : le secteur privé moderne des filières à forte valeur ajoutée, et l’agriculture vivrière comme mode de sécurisation alimentaire, avec le risque de voir le premier (pas toujours aux mains d’agriculteurs professionnels, mais aussi de banques, sociétés d’investissement…) grignoter les terres du second. La campagne agricole de fin 2009 a battu tous les records historiques, avec 10 millions de tonnes de céréales produites. La dernière bonne nouvelle en date vient de la filière oléicole. Le ministère de l’Agriculture vient d’annoncer les estimations de production : 1,5 million de tonnes (160 000 t d’huile d’olive), en hausse de 76 % par rapport à la campagne précédente.

En Tunisie, les efforts fournis sont considérables mais pas toujours corrélés avec les exigences de souplesse du marché et la fluctuation des prix. Ainsi, une étude récente démontre que les plans élaborés en 2006 auraient, s’ils avaient été appliqués immédiatement, débouché sur le développement des cultures les moins compétitives pendant la crise.

L’Algérie présente la situation la plus complexe. De la politique de renouveau agricole et rural présentée lors de la consultation nationale de l’agriculture (février 2009), on retient des transferts importants (100 milliards de dinars, € 1 milliard) pour financer les filières porteuses (intrants, équipement, subventions) et la réforme du foncier qui permet à l’État de céder ses terres agricoles sous le seul régime de la concession. D’excellentes récoltes améliorent la situation après une mauvaise campagne 2008.

 

Source : Perspectives des politiques agricoles en Afrique du Nord, Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes pour l’AFD.

 


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