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Afrique / Fifa : émancipation politique et influence croissante

 

Les relations entre l’Afrique et la Fifa n’ont pas attendu la Coupe du monde de football en Afrique du Sud pour être aussi passionnées qu’ambivalentes.

De 1904, date de la création de la Fifa, à 1950, l’Afrique était quasiment invisible pour l’organe qui gère le football mondial, à l’exception notable de l’Égypte qui participa à la Coupe du monde de 1934, mais en tant que pays du Proche-Orient. À cette époque, les responsables de la Fifa suivent à la lettre un apolitisme revendiqué qui les pousse à calquer leur organisation sur ce qu’ils considèrent être la « légalité internationale ».

Dès la fin des années 1950, les tensions qui s’avivent dans les colonies anglophones comme le Nigeria ont pour conséquence de voir ces pays demander avec insistance une place à part entière au sein de la Fifa. Comme l’explique Paul Dietschy, professeur d’histoire et co-auteur d’un livre intitulé Le football et l’Afrique, « pour ces pays, l’adhésion à la Fifa est presque aussi importante que celle à l’Onu », tout en rappelant qu’à la même époque, une équipe du FLN avait vu le jour en Algérie et que ses tournées au Maroc et en Tunisie avaient entraîné une interdiction de compétition des équipes nationales des trois pays. Les indépendances permettront enfin une intégration des pays africains au sein de la Fifa.

En 1973, la campagne pour la présidence de la Fifa de celui qui sera à sa tête de 1974 à 1998, le Brésilien João Havelange, est marquée par une forte connotation politique. À la différence de son prédécesseur et rival de l’époque, l’Anglais Stanley Rous, que l’instrumentalisation politique que les pays africains pouvaient faire du football effrayait grandement, J. Havelange mise sur le continent noir en lui promettant des sanctions contre le régime de l’apartheid en Afrique du Sud et des moyens plus importants. Le pari est gagnant mais, malgré un apport en capital humain important, les Africains estiment que ce n’est pas suffisant. Conscient du poids électoral qui pèse désormais la Confédération africaine de football (Caf), l’actuel président, Sepp Blatter, continue de jouer la carte africaine en ayant notamment grandement contribué à ce que l’édition 2010 de la Coupe du monde se déroule en Afrique du Sud.


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