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Appels d'offre : l'Algérie favorise les entreprises nationales

 
Les appels d'offre se ferment aux investisseurs étrangers, alors même qu'Alger lance un plan d'investissement sur 5 ans.
Chantier chinois à Oran. Les autorités algériennes ont annoncé un plan d'investissement de près de $300 milliards pour 2010-2014, qui profitera donc surtout aux entreprises algériennes. Photo: Anaïs Dubois.

Les autorités algériennes ont annoncé des mesures favorisant les entreprises locales dans l'attribution des marchés publics. Pour de nombreux analystes, l'Algérie revient sur son ouverture économique.

Qui va profiter du plan d’investissement public de près de $ 300 milliards sur cinq ans annoncé par les autorités algériennes ? Ce sont vraisemblablement les entreprises nationales.

Alger a annoncé le 11 juillet dans un communiqué officiel qu’une série de mesures accordera un traitement préférentiel aux entreprises locales dans l’attribution des marchés publics. Ces dernières auront tout d’abord un délai durant lequel les appels d’offre leur seront réservés. Ils ne seront ouverts aux entreprises étrangères que si aucune entreprise algérienne n’y répond favorablement. Autre avantage non négligeable, les entreprises nationales pourront être prises en compte pour l’attribution d'un contrat public, même si leur offre est jusqu'à 25 % supérieure à celle d'une entreprise étrangère, contre 15 % précédemment.

« C'est à nos entrepreneurs de saisir les opportunités qui leur sont offertes grâce au programme d'investissements publics et au traitement préférentiel qui leur est accordé », a déclaré le président algérien Abdelaziz Bouteflika, repris dans un communiqué officiel. Les récentes mesures restrictives pour les investissements étrangers et les importations adoptées par l’Algérie laissent penser que le gouvernement revient sur son attachement à l'économie de marché, fort des réserves en devises accumulées grâce à l’exportation des hydrocarbures. Orascom Telecom en fait actuellement les frais. L'entreprise égyptienne, suite à des problèmes fiscaux, va probablement devoir vendre aux autorités algériennes Djeezy, sa filiale africaine la plus rentable.

Mais elle n’est pas la seule entreprise à faire face à des difficultés. La création de la filiale d’Axa en Algérie est imminente. Toutefois, il aura fallu à l’assureur français pas moins de deux ans de négociations pour se voir finalement imposer une minorité de blocage de la part du Fonds national d’investissement qui détient 35 % de la nouvelle entité (30 % directement et 5 % par le biais de sa filiale Cosider).

En définitive, nombre d’entrepreneurs, locaux comme étrangers, se plaignent du manque de lisibilité de la politique économique algérienne. La loi de finance complémentaire d’août 2009, qui avait provoqué un tollé chez les investisseurs étrangers en leur imposant un partenaire national à hauteur de 51 %, pourrait être remise en question cet été. Une annonce qui cette fois angoisse les entrepreneurs algériens. Le discours du président algérien se veut pourtant rassurant pour les entreprises locales. « C'est aux entreprises étrangères intéressées par le marché algérien de se joindre à nous sur la voie d'un partenariat gagnant-gagnant et, en échange des contrats qu'elles obtiendront, de participer à la modernisation de nos propres entreprises », a-t-il déclaré.


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