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Asie-Afrique: première manche gagnée dans la guerre des OGM

 

Face à la crise alimentaire et aux besoins d’investissements, l’Afrique cède petit à petit au doux chant des sirènes OGM. Avec l’un des plus gros potentiels de terres arables non cultivées, l’Afrique attire les convoitises de la Chine évidemment, mais aussi de l’Inde.

Il y a encore trois ans, le développement des organismes génétiquement modifiés en Afrique était embryonnaire, en raison de la réticence des États africains, peu enclins à se voir transformer en laboratoires.

Jusqu’en 2008, l’Afrique du Sud était le seul pays à avoir adopté cette technologie pour booster son agriculture. Un chemin qu’elle poursuit, puisqu’entre 2008 et 2009 les surfaces de cultures génétiquement modifiées ont augmenté de 17 %, passant de 1,8 million d’hectares (Mha) à 2,1 Mha.

Cette croissance est essentiellement portée par le maïs et le soja, dont le taux d’adoption des semences génétiquement modifiées a atteint 85 % d’après un rapport de l'International Service for the Acquisition of Agribiotech Applications (Isaaa). Mais depuis 2008, l’Afrique du Sud ne fait plus figure d’exception dans ce domaine. Elle a été rejointe par le Burkina Faso et l’Égypte.

Entre 2008 et 2009, le Burkina Faso a même réalisé une performance notable : sur 6 800 exploitants burkinabè de coton, quelque 4 500 d’entre eux ont produit 1 600 tonnes de coton Bt pour une surface de 8 500 ha en 2008. Cette première phase, consacrée à la production de semences, a visiblement été concluante puisqu’en 2009, les surfaces plantées de coton Bt ont augmenté de 1 353 %.

Le Burkina Faso enregistre donc la plus grosse croissance en surfaces OGM cultivées, tous pays et toutes cultures confondus. Le pays a produit en 2009 suffisamment de semences pour transformer la quasi-totalité de sa production cotonnière à cette technologie. Même chose pour l’Égypte, dans une moindre mesure, qui a fait sa première tentative de maïs Bt en 2008 pour une surface de 700 ha, qui est passée à 1 000 ha en 2009.

Pour se frayer un chemin dans des pays plutôt réticents, il a donc fallu mettre tous les moyens en œuvre. D’une part, les multinationales qui commercialisent les semences génétiquement modifiées ont changé de stratégie, favorisant le partenariat public-privé plutôt que le passage en force auprès des producteurs.

D’autre part, les pays d’Asie, Chine et Inde en tête, n’hésitent pas à convaincre leurs partenaires africains de se détourner des cultures non-transgéniques. En mettant en avant leurs propres résultats sur le coton, ils ont déjà contribué à faire tomber les tabous sur le sujet. La Chine, qui a récemment accepté de faire des essais sur du riz et du maïs résistants aux insectes, prévoit d’exporter ses programmes de recherche et d’encourager des transferts de technologie Sud-Sud sur le continent.

Toujours d’après le rapport de l’Isaaa, la Chine pourrait « donner l’impulsion » dans d’autres pays en développement. Si seulement trois pays du continent se sont convertis aux semences OGM, le Kenya, le Malawi, le Mali, l’Ouganda et le Sénégal sont en passe de suivre le même chemin, au grand dam des associations anti-OGM. D’autant que le projet de maïs « anti-sécheresse », promis depuis des années, est en bonne voie. Son introduction en Afrique subsaharienne est prévue pour 2017


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